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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 07:19
ça n'était pas gagné !
ça n'était pas gagné !

Littérature, musique et tauromachie !

Ce n’était pas gagné !

Je vous le dis et il faut parfois savoir ne pas écouter les soi-disant bons conseils des gens soi disant bien-disant qui vous veulent du mieux-disant. Parfois ils se trompent et c’est tant mieux. Et du coup, au Ruedo, ce soir là, on a passé une sacrée bonne soirée.

Même si la lecture est une passion partagée par un grand nombre d’aficionados, certains un peu brutaux, ne donnaient pas cher de notre peau… Pour eux se réunir autour d’une présentation du Prix Hemingway et du retour d’un jeune torero que l’on croyait définitivement perdu du coté de la place du Forum à Arles, c’était une gageure insurmontable, un pari fou, perdu d’avance et ils n’y croyaient pas.

Ils avaient tort !

Le mix fut parfait. Il y eut beaucoup de monde, du beau et du bon. La soirée fut parfaitement équilibrée. Jacques-Olivier Liby, en vedette américaine, introduisant avec beaucoup de duende et de temple le principe du prix, sut captiver l’assemblée et donner envie de lire les opus du Diable. Pour lui, une nouvelle doit être comme une faena, courte, calibrée et finir par une estocade entière, définitive et radicale. On a donc lu, avec l’excellent Patrice Bornand, les extraits de 3 nouvelles. Il y eut celle de Zocato, petit chef d’œuvre de concision et d’émotion, lauréate du Prix en 2008. Ensuite la drolatique histoire de Riberito, par Vincent Maes, finaliste cette année, une espèce d’amusante uchronie taurinofootballistique bien construite et enfin des extraits de la nouvelle lauréate de cette année, merveille de langue littéraire stylée et profonde pour servir une histoire émouvante et désespérée, « Leçon de ténèbres » de Philippe Aubert de Molay.

Cette hiver en attendant que les toros ne reviennent, il ne vous reste plus qu’à vous procurer n’importe lequel des ouvrages du Diable Vauvert. Il y en a 10, et je peux vous dire que depuis le début ça tient la route, comme on dit. Le prix Hemingway nous fera encore longtemps de belles nuits de lectures.

Et puis en deuxième partie, il y eut ce torero, revenu de la place du Forum, avec son apoderado Robeto Pilès et son mozo de espada Fréderic Aubergy… tous ensemble pour un nouveau départ !

L’un est jeune et l’autre plus vieux… l’un est un jeune torero et l’autre est le doyen des toreros français… L’un s’appelle Mehdi , l’autre Roberto…

L’un avait la réputation d’être un peu tout fou, (on l’aimait bien pour ça) mais point trop n’en faut et à force de ne pas pouvoir/savoir dire non, de dire oui à tout, et de renoncer à rien de ce qui est au présent, brille et rutile sans avenir, il s’était égaré. Comme il le dit simplement « c’était n’importe quoi ». On l’avait donc un peu perdu de vue. Sans doute submergé par les défauts de ses qualités, l’enthousiasme, l’énergie, la générosité, une vraie bonne volonté, il avait plongé sur une autre rive, celle du dilettantisme souriant, de la gloriole facile et des jours sans lendemain. De folie intime en « trémendisme »gratuit, de bonnes soirées en frasques avec les copains, il s’était brulé les ailes et retrouvé non seulement avec la déconsidération de beaucoup mais peut être un peu un certain dégout de lui même…

Et puis, j’allais dire vulgairement parce que dans cette dérive, il avait oublié d’être con, peut être par la magie des toros, de la musique, de l’amour, de la raison, de l’arrivée d’un enfant, on ne sait pas, mais la vraie envie et la raison la plus belle lui sont revenus… lui le vrai gentil, trop gentil qu’il est toujours, rassurez vous, il se met simplement à renoncer à tout ce qui pourrait le détourner de son beau et initial projet retrouvé. Sa vie est à nouveau avec les toros, il le sait alors il reprend le chemin laborieux des tientas , des festivals et petit à petit des arènes… il s’est vraiment remis au boulot, et avec lui l’expression le cœur à l’ouvrage reprend tout son sens, avec application et beaucoup d’envie.

« Pas le choix « dira-t-il, si sagement…. Au début, il est seul à y croire et puis à force de régime et de gym, de toreo de salon, d’exercices et de réflexions sur lui même, il a retrouvé … à petits pas mesurés, au début, puis à grandes enjambées, le public, les toros,et la réussite.

Et il a aussi retrouvé celui dont il avait besoin…

C’est L’autre… le plus âgé, c’est un euphémisme, mais pour lui ça n’est ni un alibi , ni un handicap, « le temps ne fait rien à l’affaire » disait le poète… lui le temps depuis le temps il en sourit, il a tant et tant d’histoire à raconter… d’une corrida à Belgrade en passant par un baiser sur la bouche du maréchal Tito, ou son alternative avec le grand Dominguin, ou le coup de booster (pas entièrement du au hasard) de la carrière d’Escribano, un beau jour à Séville pour remplacer le Juli, ou bien encore son amitié sans faille avec Marmande et Zocato… ses histoires avec Casas… il a gardé le regard des sages non pas revenus de tout mais prêts à repartir si ça vaut le coup… parce que la vie est une aventure extraordinaire, qu’il ne se plaint jamais, ne regrette rien, et a su garder cette ironie tranquille, celle de ceux qui savent que la vie est belle mais attention faut pas lui en conter, si il sait dire oui quand il le sent, dire non quand il le faut… il sait que la gloriole n’est pas la gloire, qu’ambition n’est pas prétention, et que l’ombre du cocher de saint Trophime est trop petite pour celui qui rêve de triompher partout et tout le temps, de confirmer à Madrid et à Mexico… Pour son protégé, Il sait tous les démons qui tentent mais il sait aussi surtout l’aider à les éviter et à les combattre…

Une chose qu’il ne pourra jamais lui enlever à ce jeune torero et c’est tant mieux c’est cette capacité qu’il a à prendre une guitare de flamenco et à entrainer tout le monde avec ses improvisations aussi bien en parole qu’en musique, pour dire le monde, son humeur, dire merci, cultiver l’instant et partager sa joie…

C’est cette joie, ce partage, cette générosité que nous avons partagés au Ruedo l’autre jour avec Mehdi Savalli et Roberto Piles avec Zocato pour complice lui qui n’est pas non plus le dernier à partager son amour des toros, des toreros et la vie qui va avec.

Suerte à tous pour ce nouveau Départ et rendez vous l’année prochaine.

Rendez Vous le 28 octobre avec Sebastien Castella.

ça n'était pas gagné !ça n'était pas gagné !

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Published by Emma Falubert
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