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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 11:53

Séville, Venise. On en revient, ou on y retourne. Inconnues trop célèbres. Célèbres inconnues. Les Mystères demeurent et envoutent, les légendes et les mythes fantasment mille clichés galvaudés mal partagés. Vulgaire et sublime à la fois. Tant de secrets à découvrir. Toujours.

L’hiver à Venise. Le printemps à Séville. Le reste partout ailleurs.

Y revenir sans cesse. Hors saison ou en plein dedans, peu importe, hors du temps, hors des normes. Prendre le tempo et s’y fondre. Aujourd’hui, demain ou un autre jour, sans faute.

Séville. Venise. L’impossible quête. Inépuisable. Vitrines immenses et tapageuses. Douce complicité de leurs recoins secrets. Grandioses et Inavouables.

Le Guadalquivir, fleuve Capitale, brut, farouche murmure en douce des légendes de toros. Le Grand canal, fleuve Marine aux rives indécises charrie ses flots d’histoire et de vieilles embrouilles.

Venise aux grands jours des anciens prestigieux. Aux ciels lumineusement tout en hauteur, si hauts, trop immenses, délavés ou en feu.

Séville, ruelles tordues et sans horizon. Ces nuits embrasées et sans fin ni lendemain, ces petits jours tremblants, si tièdes. Lumière sans fard, ombres chaudes et si nettes découpées sur le sable. La beauté, vivante, joyeuse, cachée de ses drames qui couvent, rehaussés des mélopées qui pleurent.

Venise. Séville. Des rêves en coins de rues. Les promesses indécises d’un regard qui frôle. Ébauches frémissantes d’amours imprévus, aventures improbables d’avance perdues. La musique en onde de fond. De La Fenice à Triana, les corps exultent en cadence sensuelle ou baroque. Le désir partout s’y esquinte sans suite. Parades amoureuses qui s’étiolent : Les Andalouses inaccessibles s’échappent, les vénitiennes absentes se lassent et masquées se dérobent.

Venise, Séville. Dérèglement des sens. De tous les sens dessus dessous. L’excès en Cathédrale, la raison en sourdine, la beauté en viatique, l’élégance mine de rien. Va savoir et comprendre. Inexplicable encore. Et c’est tant mieux.

L’histoire en panne, les doges perdus, à Venise Dieu se meurt dans des églises vides et des palais ruinés.

A Séville, il brule encore au cœur de mélodrames singulièrement macabres, à la beauté trop lourdes et si voluptueusement dorés. Le pénitent se gueuse du poids de tous les péchés du monde - Les tiens, les miens, les leurs, La culpabilité pour tous en forme d’alibi.

Venise s’enfonce inexorablement, Séville renait chaque matin, Un miracle ! Païen, chrétien, impie, ivrogne, magique, peu importe. Ici tout est vrai même ce qui ne l’est pas. Ça se mélange. La joie comme on respire, la peine en courant d’air, la fête comme un drame ou le drame comme une fête. Et toujours le soleil après la pluie.

Venise la riche tout en mélancolie et en musique baroque,

Séville la joyeuse si tragique… toute en fêtes et en toros.

Venise Le grand canal comme un repère.

Séville La Maestranza, comme un signe, raisonnablement grandiloquent, orgueilleusement humble, délicatement élégant merveilleusement vivant. La douceur rougeâtre du sable tamisé. Le sang des toros et des hommes. La tragédie sourde en pleine lumière. L’espoir, Le triomphe, au soleil intense d’un Ruedo de braises.

La violence du toro et l’infini douceur des courbes imparfaites.

Harmonie des arches, rigueur du cérémonial et des rites. L’attente fébrile. L’espoir. La ferveur qui monte. Grondement de la foule. Et la joie unanime qui explose pour un Morante en majesté, si lent, si beau. Instant sacré, secret, mystère, à partager sans faille.

Le courage. Padilla en force sans finesse exulte. La Porte du Prince. Juste retour des choses pour les uns, injuste comme une insulte pour les autres.

La jeunesse insolente et si belle, comme ce jeune homme qui ose, si parfaitement et sans vergogne, juste un sourire d’enfant.

La grâce d’un torero pour La grâce d’un toro. Des images pour toujours. Un toro pour la légende et surtout pour la vie.

La fête encore une fois fut belle. On a eu de la chance ou la patience. Peu importe. On y reviendra. À Venise et à Séville. Percer le mystère. Ou simplement Vivre des émotions en partage.

Alors si à la fin il fallait choisir entre la légèreté joyeuse des chardonnerets de la Maestranza, ou l’arrogance stupide des pigeons de la place Saint Marc… je ne dirais rien.

La neige peut être… un jour, pour tout lisser, tout cacher et s’éviter la douleur de choisir.

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Published by Emma Falubert
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