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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 01:48
La tauromachie est une vraie question, ou plutôt mille et une questions, comme il y a les mille et une nuits, autant d’histoires pour passer le temps, (et que la princesse ne soit pas à la fin, sautée par le méchant roi) , mille et une questions, et mille et une histoires pour éviter le pire. Et surtout pour tenter de comprendre un mystère, parcequ'on est sur de rien.
D’abord les questions fondamentales de la vie ou de la mort ; celle de l’homme ou celle de l’animal ? voire les deux. Sur le sujet aucun, ni de l’homme ni de l’animal, n’a de réponse claire. Et c’est tant mieux, parce que si le toro pensait qu’il allait mourir en rentrant en piste et si l’homme ne savait pas qu’il pouvait y rester, le combat se réduirait à une partie de cache-cache, et pour le coup il n’y aurait plus de questions, plus d’arènes, plus d’aficionados et plus de toros de combat. Et ça serait aussi triste que la place du forum sous la pluie ou la bache et ses aglos sur la piste des arènes. Mais le toro est né pour se battre ! Et paradoxalement, ça n’est pas le moindre de nos points communs : parce qu’on soit toro, hommes de lettres ou de spectacle, notaire ou garagiste, directeur de société ou chef de service, chômeur ou à la retraite, ou même bébé phoque, panda chinois ou vache sacrée, anti-taurin, torero, ou aficionados, voire homme ordinaire, nous avons bêtement (et les mots sont pesés ) en commun une constante à assumer : vivre et se battre pour vivre ! ça n'est ni romantique, ni tragique, ni beau, ni laid, c'est notre lot commun et faut s'en débrouiller. Et tous lde le faire , avec plus ou moins d’instinct, de conscience, de finesse et de détermination,  à coup de fuite en avant, de coups droits, de coups tordus, de coups de chance ou de "pas de chance" de coups du sort, avec bonheur parfois, d’opiniâtreté souvent, de résignation quelques fois… « Struggle for life » instinct de vie et de survie, donc et quels que soient la manière, l’endroit et les circonstances, ce dont on peut être certain, qu’on soit toros ou alouette, à Arles ou à Stockolm, c’est qu’à la fin, la mort sera pour tous le point final. Sublime, douloureuse, pathétique, tragique ou ridicule, la mort est là sinon comme une finalité toujours comme une question imbécile et triste et qui nous fait agir et vivre.
Pour Le toro et le torero, c'est en face à face, qu'ils se le jouent ce combat pour la vie, dans des arènes, dans une métaphore de courage, de sauvagerie, de violence, de noblesse et d’élégance. C’est inutile, injuste, idiot, comme la nature, et des fois c’est très moche, et des fois c’est beau. Des fois il pleut et des fois il fait froid… Peu importe qui gagnent à la fin le droit de continuer, il restera toujours toutes les questions ?  Encore et encore des questions : par qui ? pour qui ? pour quoi ? comment ? autant de questions cent réponses, et même plus.  Des interrogations autant pour s’occuper la tête, cacher des angoisses et la peur du vide que pour construire, comprendre et avancer vers plus de sérénité et d’intelligence du monde. Et puis des questions il y en a encore d'autres,  plus triviales, plus concretes : Pourquoi ce connard à insulter le torero? Pourquoi un autre a dit n’importe quoi avec une voix d’ivrogne ? Pourquoi la musique ne part pas ? Pourquoi la musique déjà ? Pourquoi  la bêtise ? Pourquoi Ferrera hurle après son toro ? Pourquoi  la peur ? et la joie ? Pourquoi Medhi regarde ses zapatillas ? Pourquoi il pleure en vivant son triomphe ? pourquoi El Cid est tout blanc ? Pour quoi la beauté ? Pourquoi je ne suis pas torero ? Pourquoi ? Pourquoi quelque chose plutôt que rien ? pourquoi un Ricard plutôt qu’autre chose ? Pourquoi les différences ? Pourquoi les Vitorrino ? et les Miura ? Et comment les similitudes ? Pourquoi autant de questions ?  pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ? et toujours pas de réponse mais la fiesta continue... et avec encore des questions, encore d’autres, bien sur qui se poseront plus tard, ailleurs et autrement, pour chacun et pour tous. C’est aussi ça la tauromachie.
En tout cas une des questions que s’est posé Ferrara : comment sortir par le petit coté avec un toro qui ne charge pas franchement, et pas sur la bonne corne, pour faire un truc ?… et signer de la part D’Antonio…
El Cid, lui s’en est posé très peu, ou trop peu, de question et pas longtemps, On l’attendait à Malaga.
Medhi, lui, c’est Denis Loré qui lui a donné les bonnes réponses, et la question qu’il peut se poser aujourd’hui après ce triomphe c’est quand et où on remet ça ?
Et nous, les dernières questions sans réponse qu’on va se poser, c’est comment ce garçon a progressé ? combien de temps encore ?  le verra t on en Espagne ? Quels toros, aura-t-on, l’année prochaine ? quel temps, fera-t-il ?
Et évidemment, aura t on nous-même gagner suffisamment de combats pour  la vie, pour continuer à se poser les bonnes questions et à être heureux de n’être sur de rien ?
Sinon d'ici là, d'ici la dernière question, on se retrouve encore  dans toutes les arènes... et à la fin des mille et une nuits, le roi sera moins con et moins cruel et la princesse heureuse.

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Published by Emma Falubert
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