Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 00:30
  Les corridas, ce sont aussi des images ! évidemment, les premières, les nôtres, celles qui restent dans la mémoire et qui ne se partagent qu’avec les mots...

Il y a aussi les images des artistes, peintres, dérives et créations poétiques et libres, sur les mille variations et autres impressions des formes, des émotions, de Pablo Picasso à Christian Gaillard, en passant par Kelli Bedrossian.

On doit aussi compter avec tous ces importants sans importance, tous ces manieurs de pinceaux et autres barbouilleurs prétentieux, qui produisent des images, prétendent "réinventer la poudre" ou revenir aux fondamentaux, les leurs, et ne font, avec leurs charmes désuets, leur style grandiloquent et kitch, que trimbaler, avec plus ou moins de talent, de sincérité et de naïveté, les images primaires, fausses et clichés de l’art des toreros.

Restent encore les photos, ces images volées qui sont les seules à condenser l’essence même de ce que sont profondément le geste fondamental ou l’équilibre fragile de cette communion secrète entre les acteurs du drame. On pense à certaines photos de Clergue avec et sur El Cordobes, avant qu’il ne succombe aux charmes faciles de jeunes femmes callipyges (l’académicien…pas le 5 eme calife)  se roulant en noir et blanc dans des torrents superficiels et sans âme.

Et puis, il y a les films, ces successions d’images en mouvements qui racontent des histoires, ces histoires qui participent souvent à ne construire qu’une mythologie de pacotille… dont il restera malgré tout toujours quelque chose et c’est tant mieux.

Les dernières images qui d’une certaine façon, encerclent et définissent le Ruedo et participent à construire l’avenir de nos mémoires, ce sont les affiches. Ces images qui depuis le milieu du 19 ème siècle, hantent notre imaginaire et participent à la magie, à la mythologie et aux rêves. Ces affiches  dont les codes et les règles ont beaucoup évolué, permettent encore aujourd’hui à des artistes de s‘exprimer. L’affiche de corrida reste, malgré l’avènement du net et de la diffusion de l’info en temps réelle, le premier signe fort qui suscite soit l’excitation et le vrai désir d’y être, soit la frustration et le regret de ne pouvoir y aller.

Toutes ces images évoquées, ici rapidement, ont en commun une vertu : celle de provoquer toutes sortes d’émotions… Et on regrette de ne pouvoir les trouver partout, de ne pouvoir les montrer et les « vivre » partout, elles nous manquent… Si bien que lorsqu’à Paris, à l’occasion du spectacle de Caubère, « Recouvre-le de Lumière », on a vu placardé partout un immense portrait de Nimeno, sur des affiches annonçant le spectacle et que  la ville en fut comme allumée, on a ressenti secrètement une jolie émotion et une certaine fierté… Nous étions fiers de notre passion et aussi d’avoir aimer ce pionnier, artiste, sincère et un peu fou, et au détour d’une rue encombrée ou d’un boulevard trop bruyant de cette ville si loin des arènes, ces images nous appartenaient, nous parlaient doucement en silence… ce monde venait à nous, contre toute attente, et nous en étions !

C’est aussi pour cela que l’on aime toutes ces images de la tauromachie, pour cette force subliminale et irrépressible qui nous lie mystérieusement, et quoiqu’il arrive aux toros.

Partager cet article

Repost 0
Published by Emma Falubert
commenter cet article

commentaires