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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 17:57

La vie parisienne peut aussi être un beau voyage ! Ces dernières semaines en  furent une belle illustration. Fin du mois de Novembre, le Ruedo Newton est  à Bruxelles pour un enciero sur la grand place ! On peut rêver… Non, bien sur, nous sommes tous des gens raisonnables, mais les anti taurins pourraient y croire ! et ils y crurent d’ailleurs et ce sont eux qui firent « la corrida » comme on dit du côté d’Issy-Les-Moulineaux en ce temps de l’avent, pour tenter de nous débusquer et harceler les horribles adeptes de la torture que nous sommes… En fait, le belge est foncièrement rusé et même plus car comme le disait César « Horum omnium fortissimi sunt Belga », et du coup les antis, ils ne nous trouvèrent pas et  certains d’entre nous se payèrent même le luxe de les voir nous chercher dans les moindres recoins ! L’arroseur arrosé, l’aficion mène à tout ! et oui ! on les a bien vus brandir des portraits de notre torero et de notre éleveur, lui qui n’avait heureusement pas pu faire le déplacement - je dis heureusement car s’il avait été là, voir son effigie brandie par cette bande d’hystériques, lui aurait sans doute tourné les sangs, comme on dit par chez moi, et on imagine le pire pour ces pauvres antis, non qu’il soit violent mais il ne supporte pas que l’on parle de lui lorsqu’il a le dos tourné-. On y peut rien il est comme ça sincèrement entier et mais aussi franchement très aimable, souvent gentil et toujours très drôle. Cet amusement délicieux éculé, (décidemment, les antis ont raison,  un aficionado a des trésors de vices cachés et de sadisme à peine contenu, pour imaginer de tel stratagème) la sympathique réunion des aficionados du plat pays autour de Est… S. (chut, il est déjà suffisamment harcelé au téléphone par de courageux anonymes qui s’en prennent à ses enfants et à son entourage, on croit rêver), aura bien lieu. Sa bande d’aficionados assoiffés de sang de Toros s’est donc réunie quelque part, confortablement ( le belge sait recevoir)  et sereinement pour un cours de toreo en plein cœur de la ville. Ce cours fut dispensé par le maestro Marc Serrano, invité d’honneur des amateurs bruxellois. Ensuite, nous nous retrouvâmes pour un dîner avec le maestro…  Alors là, si vous ne savez pas ce qu’est la classe, il vous suffirait de passer un moment avec ce « grand » bonhomme ! et je n’ironise pas, ce torero français, ce maestro : la classe absolue ! Cette classe faite d’un mélange d’élégance du cœur, de générosité, de grand style et de raffinement, mais aussi de courage tranquille, sans aucune forfanterie et d’humilité non feinte, en plus tout ça avec une grande gentillesse, de la vraie courtoisie que son savoir vivre impose ou l’inverse. Donc une soirée merveilleuse à boire quelques Ricard français et autres bières belges, pour agrémenter ce joli voyage, en forme de pure moment de bonheur et de leçon de vie que sait nous offrir la tauromachie. Leçon de vie et belle rencontre qui prouvent encore une fois que de Bruxelles à Paris, en passant par Séville ou Gazaupouy, la tauromachie ne peut être réduite à ces instants où le taureau est « torturé », soi disant, et où nous prendrions du plaisir bien sur, car ce sont aussi et surtout tous ces voyages, ces rencontres, ces cultures qui se confrontent, s’affrontent, se bousculent et s’enrichissent qui fondent nos différences. Cultures et sensibilités de tous les nord qui ne se perdent pas, des sud de tous les continents qui se retrouvent, et de tous les grands ouest qui s’y croisent et pourquoi pas demain de ces orients lointains où des milliards d’hommes et de femmes, un jour, peut être, prendront le relais de nos traditions.  Et oui, on peut rêver, en 1961, les judokas japonais, maîtres incontestés du Judo, voient leur hégémonie brisée par un néerlandais, Anton Geesink, à Paris, plus tard, on connaît la belle évolution de ce sport né dans la tradition de cet ancestral empire du levant La coupe du monde de Cricket n’a jamais été gagnée depuis 1975 par les britanniques ! on sait contre toute attente qu’il y a de bonnes équipes de Rugby à Fessenheim, et à Bourgoin, en Isère, que les joueurs italiens ont un jour battu les français, et que les meilleurs joueurs de Pétanque ne sont plus du tout sur le vieux port, mais du coté de Madagascar… La mondialisation nous concerne tous, elle transforme tout et fait tout évoluer, alors bien sur qu’il faut rester vigilant mais cessons d’être nombriliste et moralisateur : un des plus grands toreros du siècle précédent, fut bien un petit colombien, que personne n’attendait, ( ne voulait même) et qui est venu bousculer définitivement l’establishment et ses certitudes ronronnant es…  c’est aussi cela les vertus de la mondialisation et il faut l’accepter. L’aficion est plurielle et si on peut aller à Bruxelles, pour parler très sérieusement Toros et péguer quelques passes maladroites à un toro de salon parfait, en compagnie d’un maestro qui a plus d’un tour dans sa cape, on peut aussi accepter qu’ailleurs cela ne se passe pas exactement comme on voudrait que cela se passât… suivez mon regard… Bref le voyage continue, voyage pour découvrir quelques pépites du musée Magritte, le héros national avec ces pipes qui n’en sont pas et ces ciels pleins de désirs et de facéties surréalistes. Il y a surtout de très beaux Breughel, de grands formats, troublant de réalisme et de générosité souriante, qui valent le détour et un des seuls tableaux de Jacques Callot. Et puis pour tous les français, toujours un peu chauvinement révolutionnaires, c’est ici que l’on trouve le très beau tableau de David, l’assassinat de Marat dans sa baignoire. Rien à voir avec la tauromachie ? Pas si sur, et pour plusieurs raisons : la première c’est que l’art comme la tauromachie peut permettre de voir la mort en face et de se poser les bonnes questions sur nos drôles de destins ; une autre serait aussi que les deux arts sont des mystères, qui rendent la vie plus compréhensible sans que l’on sache exactement pourquoi. Enfin et ce n’est pas la moindre est que ceux qui parlent de corridas sans l’aimer, en la haïssant même, bien souvent n’y sont jamais allés… comme ceux qui parlent des tableaux et qui ne les ont jamais vus en réalité !  Combien parmi vous avez vu à Bruxelles l’original de ce tableau appartenant à la mémoire collective ? peu, c’est certain , or cette confrontation avec la réalité de l’œuvre, sa grandeur, sa place, sa matière, et le regard qu’elle nous impose est essentielle et fondamentale. Une reproduction ne rendra jamais compte de la sensation et de l’émotion de la toile. Allez y voir, c’est troublant… parce que la vraie vie est aussi faite de ces confrontations avec la réalité des choses, fussent-elles aussi inutiles qu’une belle peinture ou une belle faena. En extrapolant, on dira qu’Il y a la même différence entre voir un film sur un écran géant que de la voir en DVD, ou entre l’onanisme d’un préadolescent et la chaude étreinte de deux corps matures. Il faut le dire et c’est dit. Par ailleurs, parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille et que nous ne sommes pas obligés de croire que nous serions au pays des bizounours, on pourra éviter à Bruxelles, le son et lumière de la Grand Place qui est au son et lumière, ce que les spectacles de Don Bull sont aux corridas.

Bon, le voyage continue car la vie parisienne est aussi riche que mouvementée. Retour à Paris donc pour d’autres voyages proposés par la dernière réunion de l’année au Rueda Newton ! Des retrouvailles pour les aficionados parisiens, avec près de 120 personnes  venues des 4 clubs de la capitale, sans ostracisme ni aucun esprit de chapelle, pour recevoir deux autres toreros Landais Julien Lescarret et Thomas Dufau. Passation de pouvoir, dira Zocato en grande forme : l’un a réalisé un parcours sans vraiment le chercher, l’autre réalise un rêve de môme, tous les deux ont beaucoup travaillé pour en arriver là. L’un est à l’aube de sa centième corrida, l’autre en espère raisonnablement une trentaine pour cette nouvelle temporada. Encore une fois,  quelle classe ! Les deux, une belle maturité et une extrême lucidité partagée qui permet d’analyser les événements,  de raconter par le menu cette très belle matinée de septembre à Nîmes pour Thomas où il faisait le paseo avec Javier Conde, et José thomas, excusez du peu ( Zocato d’ailleurs à la suite de cette belle matinée, avait titré José Thomas  Dufau, tant le jeune élève de Richard Millian nous avait impressionné).  Et de partager avec Julien la lucidité et ses milles envies de faire autre chose, et d’aller explorer d’autres territoires, le cinéma, la télé ou la danse, et peut être l’écriture… L’ainé manie d’ailleurs les mot avec une élégance poétique et une intelligence éprouvée, l’autre avec une discrète parcimonie et la même intelligence ; et les deux sont justes et toujours, d’une grande franchise et d’une grande élégance simple et sans artifice. Encore deux belles personnes, donc pour cette rencontre ! pas d’inquiétude,  les deux vont réussir, ils s’en donnent les moyens sans se faire d’illusions mais avec le sens du travail, de l’effort et de la persévérance, de la ténacité et un vrai grain de folie. L’un est aussi joyeux que l’autre est réservé et timide, et ce n’est pas le manque d’expérience, ce sont leur tempérament qui sont profondément différents. Un monde entre les deux mais l’amour de l’art, en partage, art de vivre avec femme et enfant, et pour les deux le sens de l’amitié, et des amis aussi. Art quoi qu’il en soit et ils sauront donc apprécier tous les deux les très beaux portraits que présenteront Christian Gaillard (cf texte suivant) et Loren. Voila et le voyage en vie parisienne va continuer toute l’année, suivez nous… La vie parisienne sait vraiment faire de beaux voyages !

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Published by Emma Falubert
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