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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 23:22
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17 heures, Centre de Paris, quelque part entre  Halles abandonnées à la fripe et aux banlieusards et un quartier du sentier qui cherche son chemin entre informatique et grossistes chinois, le bureau bruisse et gronde des agitations de ceux qui veulent partir et des trépignements des autres qui voudraient bien aussi mais n’auront jamais fini à temps, parce que tous les soirs, ils n’ont jamais fini à temps. Ça bosse, fébrile et tendu.

Le téléphone sonne : tant pis, on décroche, on ne va pas gagner de temps mais on ne sait jamais : dans ces périodes de crises, peut être, un contrat juteux, un rendez-vous pour sauver une opération de marketing direct qu’aurait mal tourné, ou bien faut-il une idée, dès demain, pour lancer un nouveau champagne en poudre. On peut rêver.

Non, c’est une voix inconnue, ferme et tranquille, celle d’un fils d’ami. croisé il y a longtemps, en Arles, autour de verres de grenadine, lorsqu’il avait 15 ans. Il a vieilli et pris métier. Il ne propose aucun contrat et l’industrie française ne sera pas sauvée du marasme par une idée de génie. C’est dommage et on est déçu, bien sur. De son côté, Il sent la réticence et l’impatience qui pointent. Il en a vu d’autre et il le sait qu’en fin d’après midi, les bureaucrates doivent se dispercer dans la ville et aller se planquer au chaud de leurs clapier.s Mais téméraire, il se jette à l’eau, tout de même, et... on plonge, parce qu’il y va aux sentiments, le malin: la passion des toros ! Parce qu’il le sait aussi, le fiston que même dans le bruit et la fureur d’une capitale surexitée, cette passion peut amener les plus sages, entre des cornes urbaines, à chercher l’impossible. Donc, il la met la jambe ! : dans une heure, il lui faut une cape de torero, pour un pianiste juif polonais, qui est devenu torero américain et qui aurait voulu épouser la femme oscarisée de Javier Bardem... si si !

OK, on s’en occupe mais sans garantie, évidemment.

Certes, Il y a des aficianados à Paris, mais en une heure  dans un Paris embouteillé, avec tous ces aliénés qui se planquent lâchement derrière  leurs burladeros, on ne va pas y arriver.

Enfin, faut essayer, le fiston est sympa, et le père, un ami.

Donc, Le premier auquel on pense, c’est un incontournable de l’aficion parisienne, organisateur de voyages taurins, on dit d’ailleurs L’organisateur, avec un grand L, de périples lointains. Mais, il est rentré au pays, se reposer, se refaire le pelage, il a du en prendre des piques, le bougre, tournoi des 6 Nations oblige ! visiblement il n’a pas ménagé sa peine du coté de la rue Galandes.

Alors c’est Zocato qui s’y colle. Il n’est pas à Paris, mais il les connaît tous, les toreros parisiens… comme Jonathan Veyrunes, et autres practicos de cuturaficion, et prestigieux club taurin de Paris… il les connaît tous les voleurs de capes, les deux J’go, les fétichistes de la muleta, les collectionneurs de zapatillas, les grands acteurs qui ne veulent pas le dire, et tous ceux qui s’y montrent et écrivent même parfois…

Mais, il est 18 H 00, Faut y aller,  on laisse tomber, l’aficion a ses limites et son temple, le business, ses attentes et son timing, Rendez vous donc , mais retard. Il faut y aller, et courir, courir, l’inhumanité cruelle du business reprend le dessus.

Tant pis, le fiston il n’avait qu’à s’y prendre à l’avance. Ils font rire ces jeunes, à tout faire au dernier moment. Un petit échec ne lui fera pas de mal. une bonne leçon ! La prochaine fois, il fera autrement… En parler à son père.

20 H, Retour à la maison. A la télé, Le torero est à l’antenne, La Massenet lui passe une cape, La Cape ! Il la prend maladroitement et la manie assez lourdement, sans grâce. Il a visiblement oublié les leçons du tournage… mais ce n’est pas grave, le film est beau. Et ça n’est pas grave, non plus, parce qu’en revanche la Massenet, elle la pose bien la cape, verticale, comme ça , d’un geste sur et sans forfanterie… elle a le coup… une aficionados sans aucun doute. Zocato confirme et  commente. T’as vu, le geste ? Tu l’as vu la Massenet, comment elle l’a posée cette cape !… Nous sommes sous le charme tous les deux, tout autant qu’on avait pu l’être d’une série de naturelles de Curro ou d’une faena américaine de El Zapata (à La Brede le 26 Juin avec Julien Lescarret)

Et puis, pour finir, on parle du film. Un film qui fait du bien, présenté en prime time, avec une bande annonce enthousiasmante. Le livre de Anne Plantagenet etait un beau livre aussi. On rêve.

Et puis, on va se quitter, en attendant de se retrouver à Pâques…

Et au fait la cape ? ah oui la cape, on allait oublier… C’est finalement un autre torero de Paris, qui l’a amenée.

Et Le fiston ? Il a réussi son coup… comme d’habitude ! Bravo, en tout cas, et en prime, une jolie fin de journée pour nous, grâce aux toros, encore une fois,  à l’amitié aussi et parce qu’un jeune assistant s’y ait pris au dernier moment.

Et alors ? peut être qu’il a eu raison ?… et qu’on pourrait finalement dire avec lui…

« Tout vient à point pour qui sait attendre… le dernier moment ! »

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Published by Emma Falubert
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