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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 18:04

L’ été, ça discute fort autour des Ruedos… et du coup, vu d’ici, les nouvelles  nous arrivent en vracs chaotiques, en lambeaux plus ou moins décousus, en morceaux de discours pontifiants, en bribes de mauvaises anecdotes, en billets d’humeur argumentés de l’un ou en chroniques déséspérées de l’autre, en railleries cyniques d’un conséquent un peu sérieux, ou en mauvaise foi ergoteuse d’un professionnel de l’à peu près, ou encore en atermoiements chicaneurs d’un cuistre et en raisonnements raisonnés d’un raisonneur un peu raide, évidemment…

Et oui, Les nouvelles sont devenues des rumeurs et elles ont pignons sur Ruedo et sur le net. Elles vont bon train, grondent et se propagent déformées, abîmées, inquiétantes, très rarement rassurantes, jusqu’à Paris…

On appelle ça le Buzz… le buzz, ce sont tous ces bruits qui courent… et ils courent vite, dans le désordre, venus d’un peu partout et reçus n’importe comment, ! et ils peuvent faire des dégâts… La Société Générale par exemple, en a fait les frais… même si la fameuse rumeur s’est avérée fausse… on pourrait dire, en l’espèce, pour essayer de comprendre,  qu’elle venait de la perfide albion, mais l’argument, convenons en,  est un peu court et ne tient pas…

En ce qui concerne les aficionados, pour les rumeurs, on sait aussi bien chicaner, pérorer et discutailler, dans tous les coins et dans tous  les genres. Et que je te  houspille par ci, que l’on  réprimende par là ,  que ça chamaille partout , bref ça rudoie sévère dans les ruedos...

parmi les rumeurs communes donc : « Il n’y aurait irrémédiablement plus de Toros. Les espagnols seraient tous contre la corrida. Les arènes de Tanger rouvriraient. José Tomas n’aurait pas retrouvé son sitio et surtout ne le retrouvera pas, il y a des signes qui ne trompent pas. Castella a perdu les clés et ne les cherche plus. Ponce n’en finit pas de ne pas partir.  Un certain El Roque se prendrait pour El Cordobes, ou plutôt d’aucun le prendrait pour celui ci, alors que d’autres le voient s’éteindre comme un Chamaco Fils… Les figuras sont vénales et trop cheres et ne pensent qu’à ça… tel impresa tue la corrida et tel autre l’a déjà tuée depuis longtemps. Il n’y a jamais plus personne dans les arènes… Les antitaurins ont gagné, vont gagner. La corrida ne correspond plus à la société évoluée et moderne d’aujourd’hui et va s’éteindre toute seule naturellement.  La corrida serait donc sur sa fin, définitive et sans retour… et bla bla et bla bla… »

Sale ambiance, tout de même et on en vient à se demander pourquoi on aime ça… et pour un peu… Non, tout de même…

et si il y avait autre chose ?

Peut être devrions nous être moins cons ? simplement…

Prendre du recul, ne pas rester collé aux Burladeros, et regarder autour, les hommes, les femmes, les livres, les images, les artistes, les bons et les moins bons… et regarder le monde au de là du mundillo… ne pas considérer que ce dernier jour de notre vie est le dernier jour de la vie, et qu’il y en aura d’autres, bien sur… et que cet hier monstrueux ou simplement raté( le dernier jour en question) ne sera pas moins, ni plus que demain, mais ce sera différent… et que c’est tant mieux.

Alors si pour être moins con, sauf votre respect évidemment, on essayait Le Plaisir ?

 Un vieux truc, le plaisir, un truc qu’on oublie souvent parce qu’on se plait à argumenter, qu’on s’y perd parce qu’on voudrait toujours avoir quelque chose à dire… sans doute  qu’on ne supporte pas le poids du silence …

le plaisir, une vieille élégance un peu désuète,  qu’on occulte parce qu’on ne sait plus que Le plaisir de la tauromachie est justement dans cette quête impossible de la perfection, dans l’attente du chef d’œuvre absolu, dans l’incertitude de l’instant et des instants suivants, contrairement à  ce que la vraie vie socialisante tend à nous proposer…

Le plaisir donc, ce don qu’on pense un rien vulgaire, si si , et qu’on a oublié parce qu’on ne sait plus voir un coucher de soleil sans penser que demain il ne fera peut être pas beau, ou participer au traditionnel Agur à Dax, en se disant que c’est infilmable ou qu’ il y a quelques années, c’était encore mieux, mon pauv monsieur  vous auriez vu ça… et que la Nostalgie malheureusement est toujours ce qu’elle était et qu’elle nous emmerde toujours autant ! parce qu’elle alourdit le présent,  qu’elle cultive une mélancolie contagieuse et trop sérieuse pour être honnête…

Essayer le Plaisir, donc, cette grâce délicieuse qui a à voir avec la jubilation , ce ravissement qui donne de l’épaisseur aux souvenirs, pour ceux qui en veulent et de l’ espoir à l’espérance, pour ceux qui veulent attendre… de l’avenir au futur pour ceux qui y croient et de l’exaltation durable pour ceux qui voudraient continuer dès maintenant et pour longtemps…

Donc pour ne plus s’alimenter uniquement des mauvaises rumeurs et faire taire les esprits chagrins, Un seul mot d’ordre, « Retrouver Le plaisir ! », cette folie qui permet de tout oser, tout espérer et tout comprendre… Cette ivresse, sans la quelle la vie ne vaut pas la peine d’aimer la tauromachie, « cet art qui rend la vie plus intéressante que la Tauromachie ».

Ça pourrait commencer discretement par ce petit moment de bonheur sur France Culture où Zocato, absolument génial de simplicité et de bon sens, par exemple nous parle du Sitio, de l’histoire de la tauromachie, de la chasse, et d’Hemingway… où Casas aussi lyrique qu’excessif,  nous parle de l’animalité de l’âme, et de la mort, du grand art aussi… au cours d’un documentaire sur Hemingway, (à podcaster d’urgence en cliquant)…

ça pourrait continuer avec les textes de Durand et les dessins de Pons dans l’Abécédaire,  réédité au Diable Vauvert, ; avec aussi puisque c’est l été et qu’on a le temps, le dernier Opus de Wolff,  avec le documentaire sur Israel Galvan podcastable sur Arte, sur le même sujet,  avec la lecture du livre de Georges Didi Huberman « Le danseur des solitudes ».  On pourra aussi se réjouir à lire le très beau texte de Christian Dedet ( ce grand écrivain, aficionados de la première heure)  sur Céline, dans l’excellent « d’un Celine l’autre » chez Bouquins… ça n’a rien à voir mais c’est l’histoire d’ouvrir la porte et de ne pas rester enfermer…

Allez, sans rancune aucune, on se retrouve dans les Ruedos, dès que possible… avant que le rideau ne se ferme, que la fête ne puisse continuer et que l'on peine à Jouir.

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Published by Emma Falubert
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