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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 23:12

Chère Emma,
Lundi 5 juillet, 19h26 arrivée a l'hôtel puerta del camino a Pampelune. je pose mon sac et je me rends aux corrales de santo domingo point départ du plus fameux encierro du monde et du reste.
Je décide de suivre le parcours des toros jusqu'au arènes et j'entame la montée de santo domingo qui prend fin sur la plaza consistorial. C'est dans ce tronçon que je viendrai attendre le troupeau lancé dans sa course vers l'éternité. Le peuple autour de moi a l'air de savourer les quelques instants qui le sépare des Sanfirmines. Les Yankees sont la en nombre garçons et filles, jeunes et vieux. Pampelune est a eux comme Ernest H est a la postérité. La calle Mercaderes débouche sur la partie la partie la plus longue et la plus dangereuse de l'encierro, dans la calle Estafeta les boutiques arborent leurs habits de fête et les bars degueulent dans la rue de joyeux drilles cosmopolites prêts pour 204 horas de fiesta. Au bout de la rue les arènes apparraissent dans le soleil du soir. Tout près, il est la le buste droit la barbe fournie les yeux dans le loingtain. De lui  me reviennent de mes premières lectures dont celle d' Un veil homme qui défi la mer. Bien des années plus tard, quand je suis entré en tauromachie, ce fut "mort dans l'apres midi". C'était le meme auteur et je n'en revenait pas, drôle de sentiment !!! un auteur, un livre et j'ai replongé dans mes jeunes années. Et il est encore la, car c'est en relisant "le soleil se lève aussi" que je me suis retrouvé ici a pampelune. Devant cette statue de bronze inerte ma vie défile dans le jour qui s'éteint. Mes hommages mister Hemingway !!!

Mardi 6 juillet. Le jour J. A 12h le Chupinazo va retentir dans le ciel bleu de la capitale navarraise et lancer une des fêtes les plus folles de la planète terre.
La Tenue de correador est prête, c'est mon habit de Lumière. Pantalon et chemise blanche, ceinture et foulard rouge. Seule entorse aux conventions , le foulard ne sera pas aux armes de Pampelune mais a celles de l'UCT Paul Ricard.
12 h une marée humaines blanche et rouge envahie les plazas Consistorial et Castillo. Ça chante et ça bouscule le foulard tendu vers le ciel, le chupinazo prend une trajectoire improbable et explose laissant derrière lui une trainée blanche, les bouchons de Champagne et autre Cava petent a leurs tours et sont le prélude d' excès sans limite.
18h30 rejon aux arènes, j'achete ma place a un vieux espagnol. Ici la vente "au noir" n'est pas prohibée. Tendido 2 fila 2 place 50 et me voilà a quelques mètres a peine du ruedo. Arènes pleines et public hétéroclite, chaleureux, bruyant et exhuberant. Les femmes semblent y être plus nombreuses. Ici le silence n'est pas grand mais le reste n'est pas faiblesse. Ça hurle et ça chante a tue tête, ça applaudit a tout rompre. Pablo hermoso de mendoza entre en piste, il joue a domicile et l'applaudimetre a rendu l'âme, les dames se pâment et l'arene est sous le charme.
3e toro pour une entrée dans la 4e dimension...les bouteilles de vin et de Champagne sortent des glacières, les bocadillos de tortilla y jamon et les plateaux de fruits de mer se découvrent, les victuailles circulent de rang en rang. C'est le brunch ibérique a la sauce pampelonese...0n ouvre les yeux et la bouche. Il y a du pétillant sur le palais et du triomphe dans l'air.  Je n'ai pas le talent de Zocato, pour rendre compte de la corrida et je sais que télé miroir et burladero.com feront beaucoup mieux.

Mercredi 7 juin, les toros de la ganadéria penajara sont dans les startingblock. 7h00 Je descends vers la calle de santo domingo et je croise des correador, ils s'echauffent et s'étirent on s'est reconnus, on se salue. J'y vois une signe de complicité et de solidarité. Me voilà en piste affuté comme une lame tranchante, l'angoisse et la peur prenant peu a peu possession de mon corps. Seule ma tête résiste : defi, courage, gloire, triomphe, don de soi, fighting Spirit en appercevant deux écossais en tenue traditionnelle. Tout et n'importe quoi en somme ! Puis j'ai une pensée pour l'ami Patrice absent pour raison de santé. L'attente dure et la pression monte doucement mais pas sûrement. Elle me noue l'estomac mais je suis en pleine forme et ça me rassure. La fusée explose, la course commence, on entend le bruit des sabots sur les paves, les cris de ceux qui ont chuté, ils sont la, magnifiques toros ; j'accelere le regard un coup devant un autre derrière. A 50cm de moi une bête, je tends la main et je sens le poil sous la paume de la main. Cabestros ou toro je ne sais plus, delire ou jubilation, peu importe, c'est mon trophée. Ils vont trop vite pour moi, je les vois disparaitre derrière les autres courreurs. Je poursuis ma course jusqu'au arènes.  Good run man ! It was amazing ! Yeah good fucking run. I did it, I'm a winner... L'amerloque était dans tous ses états et moi aussi. Mon mobile sonne, allo Philippe, oui ! Il a vu la course a la tv. On se parle mais je suis dans un état second et puis il y a cette vachette qui parcours les arènes en faisant valdinguer des types encore plein de sangria et autre cerveza. Je veux en être donc j'y vais... Merci Philippe de ton soutien. Le Ruedo Newton y était et moi avec.
Assis a l'iruna cafe, mes jambes se dérobent, certainement le trop plein d' adrénaline qui s'evacue pendant que je refais la course en degustant chaque détail, le tout en sirotant le meilleur expresso de la ville.
Pampelona campeone chante un artiste de rue, oui, de l' émotion et de la passion. On y reviendra en hommage a San Firmin.

Maurice



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Published by Emma Falubert
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