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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 09:08

IMG_1383.jpgIci Paris !  les parisiens des arènes de Lutèce parlent aux… autres, à tous les autres… pour une fois.

Ici, l’été s’est fait définitivement la malle, depuis un moment, quelque part entre hémisphère sud et printemps prochain. Le soleil en capitale aux abonnés absents donc. Trempés jusqu’aux os, que nous sommes, et nos caniveaux s’engorgent des feuilles, vraiment mortes, sans raison apparente, sinon l’automne… un peu tristouille tout ça et si on se laissait submerger, on pourrait bien s’y ennuyer et voir la déprime se pointer. Heureusement il y a les projets de voyages, internet aussi pour suivre la temporada américaine, et  aux détours de toutes les pages, de tous les écrans, de toutes les salles de théâtre ou d’expositions, il y a en permanence les preuves vivantes que le drame jubilatoire qui se joue sans cesse sur le sable de nos arènes, se joue partout ailleurs, et toujours, même lorsque les maestros ont tourné le dos et les zapatillas, vers les ruedos américains.

La vie la mort, la danse le chant, le 19 et le 20 novembre un spectacle de flamenco, avec Andres Peña, l'un des danseurs les plus remarquables de la nouvelle génération et il danse accompagné au chant par Miguel Poveda. A voir ici.

Venu, du nord, du très grand nord, un auteur norvégien, jon Fosse, rien à voir, tout à voir, les apparences sont trompeuses, ne pas s’y fier, juste plonger !. pour Un spectacle sublime au Louvre( et jusqu’en Janvier au théâtre de la ville ), où dans une errance étrange , en forme de Rêve d’Automne, Patrice Chéreau, fait vivre parmi les toiles du musée des fantômes et des vivants, puis lorsqu’il étend sur la scène, un homme mort, impossible de ne pas penser au torero mort de Manet… à voir absolument pour la mise en scène, les acteurs, l’endroit et cette alchimie entre rêve et réalité, sexe et pudeur, homme, femme, envie, désir, mort et à la fin, la vie qui l’emporte.

Un dimanche matin d’automne on peut prendre aussi le temps de lire Robert Marteau, qui a reçu le prix Mallarmé, le Goncourt de la Poésie, à 85 ans… comme quoi… la valeur peut atteindre le nombre des années… et dont, à tout age, on pourra  relire les chroniques taurines (Sur le sable et Entre sable et ciel – Toros, toreros, toreo, éd. Mémoire Vivante). Il avait reçu en 2005 le grand prix de poésie de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre. Et au hasard d’un de ses recueils, une petite perle à méditer :

«Quand nulle bête n'a d'autre choix que vivre son instinct, chaque être humain reçoit la faculté de choisir ; et c'est ce qui le distingue à l'intérieur du règne animal, et c'est ce qu'on nomme intelligence.»

Presque sur le même sujet, moins poète et plus savant,  l'ouvrage de Francis Wolf, Notre humanité, une réflexion (pointue pour ne pas dire hardue) de philosophe qui pose les questions de la vision de l'homme sur l'homme. Et entre autres Wolf balaye définitivement les contradictions des antispécistes et des "animalistes"outranciers.

Autre temps, autre mœurs, et autres critères pour distinguer l’homme de l’animal, de toute autre manière, exquise chère marquise, comme on disait élégamment au XVIIIeme siècle, avec un autre compagnon des routes de tous les automnes et de toutes les saisons, Casanova.  Au sujet d’une de ses conquêtes :

«(…)  j’ai vu comme tant d’autres fois que « sublata lucerna nullum discrimen inter feminas «  ( quand la lampe est éteinte, toutes les femme sont égales)  Proverbe vrai pour ce qui regarde la jouissance matérielle, mais faux et très faux pour ce qui regarde l’amour ; l’aimant de l’âme git sur la figure ; ce peut être une forte preuve que l’homme a une âme tout à fait différente de celle des bêtes »

 p 597 vol 3 collection Bouquins…

Plus loin avec le divin vénitien et toutes ses femmes, on ira aux arènes, (p 657). À Madrid une première fois et plus tard avec d’autres amies, à Saragosse… Encore, un peu plus tard et quelques pages plus loin, à son retour d’Espagne, on pourra traîner avec lui entre Perpignan, Béziers, Nîmes et Montpellier… jubilatoire… Le voyage dans les mémoires de Casanova est d’ailleurs une belle errance, enrichissante, dans un français d’écrivain, et qui va bien au de là du cliché du tombeur hystérique qu’il n’est d’ailleurs pas.

En Décembre, l’automne finissant sera aussi un festival de rencontres possibles, Francis Marmande en Mano a mano amical, en forme de dialogue avec Michel Portal, au détour d’une université parisienne. Le 9 décembre Simon Casas au Ruedo Newton.( nous en reparlerons) . Ou Christian Gaillard dans le secret de son atelier IMG_1362.jpgqui nous prépare  un lumineux printemps avec le retour de ses toreros... de quelques belles figuras... d'un livre étonnant qui sera une découverte pour la plupart d'entre nous... mais au printemps, vous dis-je.

Et pour finir ce succinct panoramique parisien, Deux Week-ends pour aller encore au théâtre voir une pièce de Copi, que l’on a tous connu aussi pour ses dessins dans le Nouvel obs…

« Une visite inopportune », où l’argentin, mort du Sida, met en scène sa propre mort, ou plutôt son départ, en référence au célèbre poème de Garcia Lorca… une pièce à voir, absolument,  montée par une jeune compagnie, un beau projet de Granada beach

Cyrille : (...) Hubert je m'apprête à mourir à cinq heure du soir (... )

Scène 30

Cyrille : Hubert, quelle heure est-il ?

Hubert : Las cinco en punto de la tarde, senor.

Cyrille :C'est l'heure

Hubert : Gardez le manteau, cette nuit vous aurez froid.

Du côté des arènes de Lutèce, nous n’aurons pas froid… nous sommes prêts pour l’hiver en attendant le printemps… demain sera un autre jour, après la pluie le beau temps.

On se retrouve après la pub.

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Published by Emma Falubert
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