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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 11:11

BD-20101209_50A.jpgAvant de lire ce petit compte rendu, de notre rencontre avec Simon Casas, le 9 décembre dernier,  prenez le temps de regarder cette très belle et émouvante video, c'est le plus bel hommage que l'on puisse faire aux deux vrais pionniers que furent Bernard Domb, pseudo Casas et Alain Montcouquiol, le frère de Nimeno II ( que l'on voit très jeune dans ce reportage,) Merci à eux, sans qui , pour ma part, je n'aurais peut être pas connu tous les bonheurs de l'aficion.

Ph Soudée

 

Ça y est, on y est ! Décembre 2010, on peut dire maintenant que le Ruedo Newton est un club Taurin Paul Ricard qui compte, pour les parisiens, et pour les autres,.« The place to be » dirait Zocato, en anglais, dans le texte, en discutant avec Franck Evans autour d’un Ricard. Un an déjà et le Ruedo Newton est un vrai club. La preuve, Simon Casas a accepté de venir ! Au club on est à la fois  content et un peu inquiet : le bruit court qu’il est aussi difficile que Lou Reed, Morante, Houellebecq ou Nabokov, si si je vous assure, l’angoisse et qu'en plus il refuse toujours ces invitations.

 Mais le 9 décembre, il est bien là LE Simon Casas, (en pleine forme et pas si difficile que ce que des âmes charitables m’avaient prédit,) a raconté et partagé  ces convictions qui l'ont toujours animé (voir la vidéo). Notamment, cette nécessité  qu'il y a de comprendre que le spectacle de l’arène, est avant tout un spectacle artistique, avec des artistes. Et qu’il doit être pensé et produit comme on crée un concert, un livre ou un ballet. À cette différence, que dans cet art, rien n’est figé, rien n’est écrit, jamais ! et c’est ce qui en fait l’essence et la grandeur, bien sûr. Il faudra donc accepter que les nombreux aléas en forme d’écueils, les nobles incertitudes en forme de géniales fulgurances, les ratages grandioses, les échecs ridicules qui jalonnent la vie des arènes, participent à élaborer cette beauté si singulière, si incongrue dans un monde où tout est mesures, calculs et prévisions… Heureusement, qu’il y a aussi les sublimes moments de grâces et de réussites, et ces émotions éternelles qui ne peuvent se vivre que là, dans ce Ruedo. Mais pour cela il ne faut pas, non plus se voiler la face : s’il y a là, du soleil et de la joie, il y a aussi, et c’est fondamental, la mort, du sang, de la peur ! Il faudra donc aussi admettre que cet art majeur, se fondent entre cette âpre réalité, ces incertitudes et la fugacité de ces moments éphémères. Pas de vérité absolue ! donc, et ce ne sera certainement pas en s’arcboutant sur de sacro-saintes règles, et des règlements trop pointilleux que l’on fera vivre, (j’avais écrit sauvera) la tauromachie. Il faudra sagement (et déraisonnablement) accepter qu’il n’y ait pas qu’une ligne droite, une seule, tracée à coup d’éthique(s) ( et d’étiquettes) par quelques donneurs de leçons, et qui, à force, de condamnations et de diktats, finiront par râler sur des gradins déserts…Casas l’a prouvé par son parcours : du culot, des surprises, des télescopages, des risques et évidemment des toros, toutes sortes de toros (et sans garantie évidemment), et des toreros qui se donnent, se jouent la vie, mettent la jambe et dont l’acte de naissance ne donnera jamais aucun droit pour être ici ou là… Ce qui donnera des droits, ce seront l’engagement, la créativité, la recherche de l’art et du geste parfait, l’acceptation de la diversité des styles et des différences de comportement.

Et Casas  d’enfoncer le clou : comme on peut aimer Picasso et Léonard de Vinci, Proust et Céline, Godard et Spielberg. De la même façon, il n’y a pas Vic et Céret d’un côté et des corridas bling bling de l’autre. Cette réduction, au fond, il s’en fout, il avance ! Et il est sûr que tous les chemins mènent au Graal, du moins, on l’espère avec lui.  Et 2011 pourrait bien consacrer toute une vie, au service d’une passion et d’un art. Et  Soit il retrouvera sa liberté, pour partir voguer quelque part loin des projecteurs et des ruedos, sur un bateau, n’importe où il n’y aura plus de taureaux (nous, on n’ y croit pas…), soit on le verra triompher là où la musique se tait, pour laisser vibrer celle, silencieuse, du toreo…

Alors ce torero, défroqué, juif, athée, excessif, entier, lucide et généreux, quoi qu’il arrive et où qu’il soit, dans la lumière ou dans l’ombre, repensera sans doute à cette période où parlant le ladino, ce langage « jamais oublié au cours de l’éternel exil des séfarades » et il pourra redire… « longtemps j’ai pensé que ma langue maternelle m’avait indiqué le chemin des arènes. Que ma vocation taurine était l’arme de ma reconquête de l’Espagne ( !) (…) dans les rêves d’enfant, la tauromachie a mis en scène l’union parfaire : celle de l’homme et de la bête, celle de la vie et de la mort, celle du père et de la mère… Celle de Dieu et de la terre entière. Enfant, j’ai voulu être matador pour être aimé par mes parents. Pour être parfait. Pour que mon nom écrit au pochoir, en lettres noires, apparaisse sur ma cape. »

 

Au Ruedo, ce soir là, rue Newton, dans ce jeune club parisien, on a découvert derrière le personnage, un peu de la vérité de Simon Domb, pseudo Casas, poète de la vie, quelque fois tragique, quelquefois très drôle, toujours inquiet et curieux, une sorte de  funambule baroque et moderne, un utopiste concret et lucide, qui sait dire, transmettre, convaincre et séduire. Il agace certains, il enthousiasme les autres, en tout cas, nous. Et quoi qu’on en dise ou en médise, Il transmet, et sans lui la tauromachie française, et la tauromachie mondiale, n’aurait sans doute pas la place qu’elle a aujourd’hui. Pour nous, il a encore prouvé ce soir là que le mot aficion, n’est pas comme, amour, délice et orgue, masculin au singulier, et féminin au pluriel, mais qu’il est fondamentalement toujours pluriel, et qu’aucune grammaire et autre règlement taurin ou éthique jalouse et rétrograde, ne pourront l’empêcher… … Merci et salut Simon et à très vite dans tous les ruedos du monde et de nos vies.

Philippe Soudée

 

Et Pour finir, abonnez vous à Planète Corrida, vous y trouverez une Chronique : "La vie Parisienne", plus complète sur la vie de l'aficion à Paris.

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Published by Emma Falubert
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commentaires

fontaine 17/01/2011 10:19



BONJOUR Emma


Bien !


pour le N° de Planete Corrida je te l envois?


abrazo


eric