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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 23:40

Pendant ce temps là, le monde alentour peut gronder, s’abîmer ou sourire, ici on s’en fout : on se prépare. Il peut tourner dans tous les sens, vaille que vaille, tant bien que mal, sans exaltation ou trop de jubilation, sans tambour ni trompette, en silence, en fanfares au rythme de tous les vacarmes et de toutes les agitations, ici, on n’en sait plus grand-chose de ce monde en mouvement. On est ailleurs, entre parenthèse, on a tout oublié et on n’entend plus rien… ça n’est pas qu’il y ait trop de bruit, c’est juste qu’aujourd’hui, on ne pense qu’à une chose : le rendez-vous  du lendemain.

Et pourtant, on le sait bien que pendant ce temps-là… L’herbe et les roseaux poussent en attendant le printemps, que l’eau continue à passer sous les ponts jusqu’à croupir à Vaccarès. On le sait que de nouvelles vaches vont arriver, que juste à côté, d’autres bêtes vibrent inquiètes, en attendant les courses, On le sait que un peu plus loin secrètement, des ragondins creusent les digues et que des flamands fatigués, trop vieux pour le voyage,  se rosent des plumes neuves en attendant des jours meilleurs. On le sait bien tout ça…

Et pendant ce temps-là… On ne voit rien qui bouge, rien qui change, en apparence, mais on ne voit pas les arbres pousser. Les hommes s’agitent sans hâte, et le travail se fait. On bavarde pour ne rien dire, on se retrouve pour l’essentiel, ou pour un rien, juste pour voir et vérifier. Tout va bien, on avance, On s’inquiète tranquillement, on s’énerve en blaguant, on se marre sérieusement. Ici, les uns portent des tables, d’autres installent des chaises, répètent des textes, sélectionnent des photos, vérifient des films, des chiffres…

Ailleurs, on déplie des salades, on réchauffe de la daube, et on marine des restes, les uns veillent aux grains, les unes aux fours et les autres aux moulins. ça ira mieux demain, qu’ils se disent, tranquillement bonhommes… Et les femmes aussi sont sereines et bonhommes… Pas de panique, juste de la vigilance, quand il faut, de l’attention distillée sans compter et de vraies bonnes intentions, profondément, pour de vrai. De toute façon, demain ne sera pas un autre jour, c’est le Jour !

 Le jour de l’Assemblée Générale de l’union des club taurin Paul Ricard. Et ça se prépare.

 Un jour pas comme les autres… Le seul jour du monde où toutes les tauromachies se partagent, échangent, font bloc, se réjouissent et s’affichent.

Et pendant ce temps là, le soleil se couche, on traîne un peu quelques Ricard, puis on dort tranquille, mais sur une seule oreille, parce que demain… 

Et pendant ce temps-là, le soleil se relève, demain redevient aujourd’hui, le ciel se dégage, il fait beau. On le savait : hier tout s’est bien passé et cette nuit, la lune était pleine…

Et pendant ce temps-là, ils arrivent… Ils sont mille, venus de partout. Ils sont chez eux, là dans ce bout du monde au milieu de nulle part. Tous se retrouvent contents, ensembles, passionnés passionnants, indifférents aux soubresauts du monde, différents de tout le reste, et de tous les colloques, conscients de l’être, heureux  de vivre leur aficion… et pour que ça continue et que ça s’arrange , qu’on avance et qu’on nous foute la paix.

Il n’y a qu’une chose qui vaille ici, c’est cette passion sereine qui déborde d’énergies, de gentillesse, de bonnes humeurs de bonne humeur, d’accolades et de projets. Il y a partout cette passion qui nous assure des lendemains qui vont chanter et inscrire toutes ces activités taurines au patrimoine de l’humanité…

Et pendant ce temps là… On raconte des histoires, des grandes , des belles, des vieilles, des ressassées, des histoires d’exploits, de douleurs, d’efforts, de réussites et de triomphes. Des histoires d’hier et d’aujourd’hui pour demain et après demain, et plus encore…

Et on parle de traditions mais aussi de modernité, de jeunesse… On parle de valeurs pour aujourd’hui. Des valeurs pour mieux vivre, même pour ceux qui ne savent pas encore que la landaise pourrait les intéresser et la camarguaise leur donner du sens. On vante le vrai courage de ces fous qui écartent, on vit la solidarité aussi, le travail et la persévérance… et  surtout on parle de liberté…

Là dans le mas légendaire d’un visionnaire, qui inventa, pour toujours, une nouvelle façon de vivre l’entreprise et son management… et toute la vie qui va avec, tous vivent fièrement et fermement une passion incongrue, déplacée aux yeux de quelques uns qui moralisent. Dans ce mas, à l’ombre des arènes, où l’on croise les figuras de toutes les arènes et de tous les clubs, on ne croise que des gens heureux, qui savent que la vie est belle, que le toro est le plus bel animal de la création… Partout des amies et amis qui veulent avant tout que ça dure et que dans 100 ans, on se retrouve là, encore, pour faire, mine de rien, avancer le monde, reculer l’indifférence et bannir la connerie et l’intolérance … Ce qui revient au même.

Et pendant ce temps là… Le congrès de l’UCPTR est une réussite de la vie associative, de la vie des clubs, de la plus grande fédération de Club taurin du Monde…  bravo et merci à tous,mejanes.jpg et à l’année prochaine.

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Published by Emma Falubert
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commentaires

bernard planchon 04/02/2010 16:28


bravo
quelle poesie
quelle pertinance
bonne analyse d'un monde qui j'espere n'est pas perdu..