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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 20:26

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Graine de torero ! ce week-end, une grosse déception ?

« quelque chose » n’est pas passé ou personne ne s’est surpassé… c’est la même chose et au bout du compte, rien n’est arrivé à rien !

 A qui la faute ? à personne sans doute, il y a beaucoup de bonne(s) volonté(s) et d’énergies, là-dedans, pour que la déception soit énorme et l’échec mal vécu.

Mais n’empêche…

Le pourquoi de ce fiasco : erreurs d’appréciation ? la faute à pas de chance ? l’inconscience des toreros ? la qualité de ces toros, (manquerait plus que ça !), des conseillers trop ambitieux ou aveugles ? voire incompétents ? les  écoles ? peut être, oui, un peu  ! peut être non, pas tout à fait !

Il faut le dire, la comparaison est recevable, les écoles d’acteurs sont aussi pleines d’apprentis qui ne dépasseront jamais les feux de la  rampe de leur ego, parce qu’Ils n’ont pas tous compris que Brando avait du génie avant d’intégrer l’Actor studio… et on s’en fout au fond, ça n’est pas très grave…

Un mauvais après-midi, pour toutes ces raisons mélangées, sans doute… c’est la loi du genre.

Mais il faudra bien admettre que pour être torero, il doit y avoir autre chose, quelque chose en plus… un Quelque chose, (« un je ne sais quoi ou un presque rien ») qu’on ne trouvera ni dans les écoles, ni dans les salons, ni dans aucun ruedo ni autre Actor studio du monde… ce « quelque chose », si précisément vague et si parfaitement imprécis que l’on pense pouvoir s’en passer, sans savoir que si on le cherche, on ne le trouvera, peut-être, que dans l’immensité sauvage et complexe du campo, par exemple. Ou ailleurs, dans une terrible et affolante solitude, face à soi-même, sans concession, ni complaisance. A un endroit où personne de ton quartier ne viendra te rassurer, ni même t’encourager… que tu n’aura plus que ta conscience, toute nue, sans fard, sans les mots des autres pour masquer le silence assourdissant ou pour tenter de se voiler la face ! Le secret de l’art est sans doute dans cette espèce d’heure de vérité, sublime, grave et conséquente, fondamentale et fondatrice, qu’il faut savoir et vouloir ne pas éviter et même entretenir… Après, ce sera l’affaire de chacun, et au fond, il s’agira de comprendre et d’accepter que personne ne torée pour personne…qu’aucun artiste, non plus ne peint pour qui que ce soit… et quand ça serait pour sa mère, c’est qu’il y a autre chose… qu’il ne vous dira pas…

Et même le musicien ne joue pas, en premier, pour la galerie, il ferme les yeux, cherche en lui l’harmonie secrète, et les amis ou les fans viendront après et chanteront en chœur beaucoup plus tard…

L’acteur non plus ne joue pas pour vous ! et ne dit pas ce texte merveilleux pour vous au premier rang, ni pour l’autre au fond, mais simplement pour lui-même pour comprendre ce que les mots racontent…et ce que dit l’auteur… ensuite il partagera… mais bien après… ou pendant, ça n’est pas grave, il est d’abord avec lui même et des secrets de l’auteur à déchiffrer…

En fait chacun, dans le secret de sa quête, cherche ce « quelque chose » que nous ne saurons, ni vous, ni moi, et qui pourtant le distingue… Tout le reste est balivernes et illusions…

Regardez l’invention de Barcelo, la profusion de Picasso, la profondeur de Glenn Gould, et l’allegria du Juli, le mysticisme de Castella, l’opiniâtreté de Juan Bautista, l’Arte de Morante… Tout ça ne s’apprend pas, ne se décide pas, il n’y a pas de tricheries, ni de trucs, et ils n’ont de compte à rendre qu’à eux mêmes. Tout est là dans le secret de leur conscience, sincèrement, profondément, parce qu’un jour… cette solitude et le doute secret… Eux, ils le savent qu’à l’école, s’apprendra la technique mais ni le feu ni la grâce…

Tout ça pour dire que les meilleures intentions du monde ne suffisent pas, qu’il ne suffira pas non plus  de vouloir « très fort » être figura (on pense au quart d’heure de gloire de Andy Warhol), que les « modèles » n’y pourront rien, même les plus généreux, et que pour être torero « il ne suffira pas d’agiter le chiffon » comme disait Zocato, il faudra aussi vouloir et pouvoir transmettre… Et comprendre, et accepter qu’à la base, au commencement de  la tauromachie ( et de tout élan créatif) il  y aura, il y a eu, nécessairement cette profonde solitude, toujours recommencée, sans limite rassurante et connue, sans repère, ni compromis… et toutes les promesses de triomphe, tous les vacarmes festifs et tous les engouements hystériques du monde n’y changeront rien… Les chemins de la gloire sont pavés de mauvaises attentions, trompeuses et inefficaces… il faut le savoir pour faire le tri.

Mais ça n’est pas grave, la vie continue et quelque part, heureusement dans l’immensité mystérieuse de la vie en train de se faire, loin des affres de la réussite et de la satisfaction de tous les triomphes, il doit  bien y avoir quelques mômes qui souffrent, cherchent, se cherchent, et triment pour l’année prochaine, nous retrouver dans la lumière du Ruedo.

 

Et celui là ? On ne l’a pas vu hier ?

Une sacré gueule, en tout cas, graine de torero, graine de star !

Sans doute… On verra !

Non, mais quelle gueule ! une vraie gueule de torero… On le reverra ce torero de 13 ou 14 ans… On le reverra… C’est sûr !

Il y a tout dans ce regard, et cette attente : déterminé, attentif, un peu secret… tout de même… et sans doute juste assez timide pour avoir le culot de dire ce qu’il pense tout le temps, ou presque, et sans détour…

Un type qui n’ira pas par quatre chemins, pour dire ses 4 vérités voire plus… mais qui saura prendre le temps de prendre le temps ou d’aller plus vite… et d’emmener les amis qui partageront avec lui la passion…

Une gueule et un regard, affûté, sombre, parfois, lumineux à d’autres moments… des yeux qui rient, pétillent, assassinent si besoin… de l’à propos à revendre et de l’esprit quand il faut… avec ses mots à lui, sans l’intermédiaire du discours apprêté de l’autre et des propos convenus d’untel… franc du collier, sans fioriture mais pas sans charme, chez lui, la tauromachie est aussi séduction.

Et puis on le sent, avec lui, il y a de la démesure dans le raisonnable et de la raison dans l’excès… de l’instinct intelligent et de l’intelligence instinctive…

le sens des autres, des bons et des méchants, et les méchants ils n’ont qu’a bien se tenir ou passer leur route. Les bons, ils seront toujours les bienvenus…

Une gueule, Un regard donc, droit, perçant,  pour une vision, qu’il pourrait avoir envie de partager, mais qui ne s embarrassera pas de ceux qui traînent qui renâclent, hésitent, trompent, ou trahissent…

« Mort au tiède » qu’il dit ce regard de torero en attente…

« Graine de torero », pour un parcours pas comme les autres, avec des amis de toujours, des amis pour demain, des ennemis sans doute mas ça n’a pas d’importance. Le monde avancera et lui avec, comme il faut… sa pierre à l’édifice, sans concession, ni compromis  jusqu’au boutiste, généreux et entier, sans détour, passionné, passionnant…

« Graine de torero » qui saura mettre la jambe et s’engager… saura plaire et acceptera de déplaire pour avancer, avancer tout le temps…qui ira jusqu’au bout de ses rêves, parce qu’un jour dans la solitude d’une rue froide et déserte, entre les rires des uns et les plaintes des autres, entre des instants d’une vie déjà riche, il a tout compris, compris qu’il fallait y aller et se battre…  et que jamais, rien ne l’arrêterait et qu’il ne devrait rien à personne…

On le reverra ce torero… je vous le dis !

Et où ?

Quelque part chez un des éleveurs Français qui compte ici et en Espagne, du coté de Antequeras ou de Seville, on espère…

Mais soyez discrets, il ne veut pas être emmerdé…

Un vrai torero, c’est sur !!!

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Published by Emma Falubert
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commentaires

chantal - los de el verano sangrante 13/10/2010 16:10



Chère Emma,


Toujours ravie de lire vos articles si pertinent.


Mais losqu'on cite entre autres "le mysticisme de Castella" j'avoue que ma déception fut grande: quoi! point de ce matador qui juste avant sa blessure nous faisait courir aux arènes et VOIR...
S'il faut parler de mysticisme pour quelqu'un, s'il vous plaît, souvenez-vous de José Tomas - celui qui torée comme personne, qui se moque du vent et nous a fait pleurer dans les ruedos de tant
d'émotions et d'art. Qu'il ne soit pas cité au même titre de Morante et autres m'a fait bondir de mon siège.


Heureusement e temps efface tout et je ne vous en tiendrais pas - trop - rigueur.


Je suis d'accord pour une fois avec Bernard et comme diraient certains scénaristes:" Il faut couper Coco!"


A vous lire,


Ch - sans Jc.