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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 15:58

La tauromachie est d’abord une histoire de maîtrise et de domination ; et quelquefois, dans cette confrontation au réel, peut venir l’"Arte" !

L’"Arte"Capture-d-ecran-2010-05-08-a-12.10.13.png, il se glisse, par intermittence furtive ou, soudainement, explose pour une éternité solennelle, ou simplement joyeuse. II se murmure, en une allègre mélodie syncopée et fragile, en une longue plainte renfrognée ou sublime, ou sombre tristement en une ritournelle éculée et vulgaire. Il apparaît, ou non, en pointillés flous, en taches épaisses, en transparence silencieuse, en couleurs de soleil, de sable et de sang, en formes denses, légères ou mouvementées.

Il  se maîtrise grandiose ou s’oublie grandiloquent. Il transcende et sublime, ou, besogneux et lourd, il bousille, déforme et gâche. Truqueur, il illusionne, s’illusionne ; hâbleur, il éclabousse, et submerge ; médiocre, il assombrit et occulte ; lumineux, il éclaire et rend compréhensible… Mais au fond, dans cette quête désespérée d’un réel insaisissable, que ça souffre en gestes maladroits, ou le pire, ordinaires, que ça danse et ça jubile en mouvements et moments de grâce, se dessine là, le souffle puissant et indestructible de la vie…

Et bien, c’est ce que l’on n'a jamais vu, dans les arènes : un type, avec des pinceaux, qui tente de saisir, de maîtriser, de dominer, et de nous donner à voir, cet "Arte",  en temps réel, et en phase avec le tempo de tous les acteurs de la corrida. Nous donner à voir autrement, cette complexité et le mystère de cette alchimie archaïque et essentielle qui vibrent, là, dans le combat du torero, toujours indécis, pluriel, et, contre toutes les apparences, fondamentalement imprévisible…

Dans la forme, le travail de Montebello oscille donc entre une mise en abyme spectaculaire et inversée (tirages photos très grands de petits formats « instantanés » exécutés, en live dans les arènes) et le foisonnement de ces images presque minimalistes obtenues des gradins. Dans la galerie, les deux types d’images, se confrontent, se juxtaposent, se complètent ou s’opposent. Les grands formats photographiques ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les formats des anciennes affiches de tauromachies, celles de Carlos Ruano Llopis et autre Reus, par exemple. La beauté et l’émotion que provoque ce travail tiennent aussi peut être à cette filiation inconsciente et profonde qui habite nos imaginaires.

A voir Galerie Artheme  Galerie 31 rue de Beaune 75007 Paris

Jusqu’au 15 mai.

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Published by Emma Falubert
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