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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 17:14

Arles, Pâques 2010 : Les premiers toros de l’année pour la plupart. Emotions, inquiétudes, fièvres, juste avant et les mêmes questions qui reviennent, sans les mêmes réponses, ça serait trop facile, évidemment. Parce que nous ne sommes pas là, que pour rigoler, parce que, justement, il y a les toros.

Donc, comme d’habitude, on se demandait par exemple, s’ il n’allait pas neiger, si le Rhône serait dégelé, si les flamands seraient de retour, ou simplement, s’il allait faire beau, pas trop froid en tout cas ?

On se demandait comme les autres années, pourquoi cette année Paques était si tôt ? et pourquoi cette fête n’est jamais à la même date ? Oubliant la formule très compliquée qui détermine le calendrier, et d’invoquer, en toute mauvaise foi, Noël, qui est toujours à la même date… on n’en fait pas toute une histoire… Il est vrai que pour les corridas, en Arles, décembre, malgré le réchauffement climatique, ça semble encore un peu juste…

Quoiqu’il en soit, une rumeur annonçait la pluie…

Elle est venue, la nuit, et à torrent, dégoulinant sans répit sur les  voitures de police qui gardaient la sortie de la ville, excessivement, des excès alcoolisés. Et puis curieusement, elle est revenue, plus tard, plus douce, avec des scintillements argentés dans la lumière d’un  soleil d’avril, un ciel bleu et des Miura qui rappelèrent à tous que la corrida est avant tout un combat et qu’effectivement tous ne sont pas là, que pour rigoler.

On se demandait aussi pourquoi tant d’Arlésiens aux cartels ?

Mais, parce qu’ils sont bien, les petits, vous verrez !

Et ils le furent, certes, même si il manquait à certains cette envie d’aller voir ailleurs et de sortir de l’ombre du clocher de  saint Trophime, comme disent les anciens ; à d’autres, il manquait l’envie de se croiser et globalement, à tous, un peu d’imagination et de personnalités, pour ne pas se faire oublier, comme d’autres avant eux…

Donc, ils ont été bien les petits ! Ils ont fait le boulot, comme on dit, consciencieusement… ils ont été à la hauteur des toros, c’est sur,  mais… peut-être fallait-il être un peu au dessus, pour donner plus et dominer vraiment. Ils ont tout de même glané quelques trophées, qu’ils pourront accrocher en guise d’ex voto au saint protecteur fêté le 29 Décembre… en faisant le voeux, de ne pas être oublié…

On espère doncn sincèrement, pour eux ( et puis aussi un peu pour nous ) que demain, ils iront aussi se faire voir ailleurs, comme un de leurs aînés a su y aller, briller et dominer. Ça ne l’empêche pas d’y revenir, à saint Trophime, mais c’est sans doute parce qu’il a compris, comme une grande figura qu’il est, que son vrai territoire à lui, ce sont les toros, partout où ils vivent et où on peut les combattre.

On se demandait pourquoi le Juli ou Castella ? 

Et Pourquoi on n’aimerait pas les deux ?

C’est à dire, la technicité, l’alegria, l’imagination, la joie de vivre de l’un, contre le mutisme christique, la pâleur, la fragilité, l’audace sans esbroufe et la détermination presque butée de l’autre ?

Et si les deux avaient en commun cette quête de l’ultime beauté , qui passe par la recherche d’ équilibres impossibles et d’une absolue perfection?

Et si les deux nous fascinaient parce qu’ils ne se refusent pas d’aller voir la mort en face, de la tutoyer et sans lui faire des enfants, de la caresser, de la frôler, non, comme un défi mais simplement pour remettre la vie à sa place, dans ce qu’elle a de fragile, de futile, d’inutile et de si belle.

On se demandait…

On se demande encore … Ponce ? pour combien de temps ? et Jesulin, pourquoi il ne revient pas vraiment ? En Arles ?

On se demande aussi pourquoi Tomas ?

il n’est pas là, dommage, bien sur,  mais on se demande tout de même ! Parce que le Tomas est plus qu’une question, il est aussi un mystère inépuisable, le mystère du toreo, et peut être, du sens de nos vies et de notre envie de vivre…

Tu crois ? non, je ne suis pas sûr, mais on va boire un coup, un Ricard, avec ou sans glaçon et on parlera avec les amis. Les anciens qu’on ne connaît qu’en feria, et les nouveaux qu’on reverra peut être ailleurs. A Paris, à Montélimar, à Aix, à Marseille, à Mulhouse, en Bretagne, ou à Bordeaux.

D’ailleurs, avant d’y aller, à Bordeaux, à La Brede (le 26 juin) j’en parlerai avec Zocato, parce qu’il est là, avec toutes les grandes figuras de la chronique, que l’on lit tous les jours ou presque. Ceux qui nous apprennent, nous font vibrer et font avancer l’aficion et la cause des toros comme Durand ( qui viendra au Ruedo en Septembre, il me l’a promis) ou André Viard… (qui est vivant il me l’a confirmé et qu’on reverra peut être au Ruedo ?, on l’espère en tout cas)

Et j’en ai parlé avec Zocato… de toutes ces questions… il n’a pas répondu parce qu’il sait qu’il n’y a pas de réponse, alors nous avons simplement parlé…

Et nous avons parlé, de mille et une choses, de tout et de rien, de saint Trophime, précisément, d’un gourou quelque part au sud de l’Andalousie, des promesses des uns et des ratages des autres, de sa gentillesse et de sa générosité, de l’esprit de tolérance, de l’envie, de la vie de nos gendres en Australie, et de nos filles pas trop loin du nid. On a parlé de Dean Martin, de Samy Davis junior, et de Jerry Lewis, de ces autres conquérants de l’inutile, sur des sommets du monde ou sur la mer, de Jean le Cam et du tour du monde à la voile, du Lillet rouge et du blanc aussi, de Fabrice Torrito, de Jean François Mengelle, des palombes qui ne sont pas venues, des cartouches Gevelot, 14 mm en carton, et qui ne sont plus fabriquées depuis 1939… de Séville, dans quelques jours, de Madrid, un peu plus tard et de ce Bordeaux contre Lyon, des joueurs malades, des chasseurs que l’on prend pour des terroristes parce qu’ils sont habillés en militaire. On a parlé Cinéma, des acteurs qui sont là, de ceux qui ne sont pas venus, des bonnes tables de Arles, on a parlé de musique, aussi…

On a fini par parler de ce public, sympathique au demeurant mais un peu « crétin »( sauf votre respect) et très braillard, (pas vous, ni moi  évidemment, mais nos voisins ), qui par exemple prétend « conseiller » le Juli pour qu’il achève le toro presque invalide, sans comprendre que le Juli, plus que de l’améliorer, il le répare, le boiteux, et ça repart…

Un public qui n’a pas compris, non plus,  le très beau combat de Rafaellilo, un public qui ne sait pas non plus ce que c’est qu’une corrida concours, un public qui part résolument avant la fin, sans aucun respect de ce qui se passe sur le ruedo…

Pour ma part, Je ne suis jamais sorti d’un film ou d’une pièce de théâtre avant la fin, pas seulement  par respect pour les acteurs du drame, mais aussi parce qu’il peut toujours se passer quelque chose… D’ailleurs à la miurada, mes bons camarades, sans doute pressés d’aller à l’apéro, ont raté une très belle et très émouvante séquence musicale…

Voilà Zocato est parti écrire sa chronique, inventer d’autres histoires, continuer sa recherche de la vérité…

On a fini à la nuit, tranquille, en attendant le lendemain et d’autres jours, d’autres ferias, d’autres toros et plein d’autres rêves pour comprendre cette fichue réalité qui n’a de cesse que de nous échapper… Allez, à Bientôt, sur d'autres ruedos, avec d'autres toros et tous ces fous que l'on aime parce qu'ils se jouent la vie... comme ça pour rien.

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Published by Emma Falubert
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commentaires

Bernard 08/04/2010 15:12


salut
trés bon commentaire, et que saint Trophime nous garde !
Pour la bodega du ruedo c'est malheureusement pas possible.le local n'est plus disponible.
on a passé une bonne feria pascale et ,on va essayer de préparer une pentecote toute aussi réussie.

à bientôt
amitiés
Bernard


fontaine 07/04/2010 18:19


Les Novillos de Patrick Laugier "piedras Rojas " sont tres bon... encastés compliqués bien presentés... pourquoi il n y en a pas plus dans les Ruedos Français....Emma vous n etiez pas a la
novillade...Suerte Abrazos... et au +vite