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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:36

La tauromachie est aussi culture ! Que ce combat entre l’homme et le toro, effraie, émeuve, dégoutte, révolte, trouble, enchante ou transcende… peu importe, ce combat et sa fascination restent un mystère qu’aucun discours, aucune exégèse, aucun repentir, ne pourront totalement dévoiler. Alors, sans doute pour tenter de le comprendre, entre ces lignes en courbes, continues ou en pointillés, trop courtes ou sans fin, en force ou en douleur, que dessinent le torero sur le sable, et parce qu’il semble que ce combat fatal et son dessein profond soient universels, qu’il appartient d’une façon ou d‘une autre à toute la nature humaine, à toutes les natures humaines, se sont inventés des langages , en forme de cris, de murmures ou de mélopées tristes ou joyeuses, se sont dessinées d’autres traits, d'autres formes et des couleurs, se sont inventés des poèmes et des histoires. Toujours pour tenter d’éclairer et de comprendre, le combat sur le sable.

 Ce que l’on pourrait appeler la culture taurine est né de ces questions sans réponse qui se posent là, sans cesse, à l’heure de ce sacrifice inutile, et indispensable à l’heure d’une mort annoncée, inéluctable et scandaleuse.

La culture taurine est vivante aussi, parce que chacun sait qu’il n’ira pas devant les toros, jamais, et que ce combat pour la vie chacun du coup le livre par procuration.

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Published by Emma Falubert
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commentaires

philippe courtin 28/03/2010 18:42


Chère Emma,

L'amour et la passion rendent votre plumes lyrique c'est certain.

Mais tout de même, ce ''combat pour la vie'' que vous évoquez, je le vois aussi du coté toro (puisque qu'il faut un partenaire pour mourir vraiment n'est-ce pas ?). Et ce ce côté là de la vie c'est
un combat assez désespéré, contraint, encadré, piqué, banderillé, organisé. El toro arrive dans le cercle, vif, sautillant, bien élevé, sans aucune notion de géométrie, brave (comme un con ? beau
et con à la fois comme dit Brel) et dangereux mais terriblement alourdi d'une minuscule chance statistique de sauver sa vie.

Je n'aime pas l'inégalité mais crois que j'aime quand même la tauromachie mais pas exactement pour les mêmes raisons que vous chère Emma et peut être pour des raisons plus terribles :

L'esthétique et les mots hachés du matador, les courbes et les suspensions sublimes, magiques et très rares, l'épuisement du toro qui commence peut être à calculer, le corps qui s'élance pour
planter le fer et en finir, le soleil, l'ombre, l'apparence des belles et des beaux.

J'aime et donc je supporte aussi de voir cette humanité endimanchée et luxueuse qui inconsciemment s'épuise de sa domination humaine, sur-décorant ses sentiments de flonsflons très élégants pour
habiller ce qui reste un massacre. Ici le cirque est plus franc à défaut d'être plus sincère ou lucide, différent, à peine, du métro à l'heure de pointe (que j'aime aussi).

Je supporte également de sentir mon doute et mon dégoût, comme le soldat qui tire quand même au peloton d'exécution, parce ce qu'il est d'un camp et qu'il applaudit généralement au lieu de pleurer.
Lâcheté vs jubilation.

Mieux qu'un abattoir usine à viande, c'est aussi infiniment certain, et même, peut être, très beau et très pathétique et très utile comme une toile de Lucian Freud (en ce moment à.. ha ha ! ), de
la chair, des chiens, des regards froids ou échappés, de la couperose où le sang qui bat n'est pas loin.

Pour le dire autrement, moi qui prétend refuser de mourir heureux d'être con, j'aime peut être la tauromachie pour l'étrange mélange d'ivresse, de vérité et de mensonge qu'elle procure, qu'elle
agglutine, une sorte de drogue en fait, propriété exclusive de notre espèce.

Bien à toi, chère Emma et très regrettant de ne pas aller éprouver en ta compagnie, en vrai et en Arles, la sorte de plaisir que j'ai eu à écrire ce mot à la suite du tien.

Philippe