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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 08:52

En 2012, ce que je nous souhaite, au fond, serait de pouvoir rester groupés !

Restons groupés ! groupés, mais avec nos différences, bien sur, nos sensibilités, nos richesses, nos accents, nos envies, nos désirs les plus fous, nos contradictions les plus bêtes et les plus belles, nos points communs les moins communs et les plus ordinaires, nos paradoxes les plus secrets et nos secrets les plus contradictoires. … Oui dans cette période de crise et de remue ménage, en 2012, essayons de trouver cette intelligence et ce bon sens qui nous permettront d’affronter ensemble le mal, le doute, la bêtise, l’hypocrisie, la lâcheté, l’a peu près, la négligence et toutes ces tares qui ralentissent et embourbent le monde dans des archaïsmes aussi simplistes que rédhibitoires !

Alors en 2012, plutôt que de donner des coups, de les compter, de ne pas accepter d’en recevoir, plutôt que de n’avoir de cesse que de dénoncer la faille dans le jardin du voisin, sans évidemment s’occuper des loutres dans son propre jardin, acceptons de bonne grâce de cesser les chamailleries de clocher, les jugements à l’emporte pièce, péremptoires et hautains, les accusations graves ou futiles, les dénonciations hâtives et autres excommunications express. Cessons de vouloir à tout prix, séparer, trier, imposer, sans discuter,  et de jeter l’opprobre sur la moindre initiative, considérée comme déviante ou perverse. Acceptons vraiment que l’on puisse aimer Spielberg et Godard, Manolete et Joselito, l’exigeant film Le Havre de Kaurismaki et le très populaire Intouchables, aimer sans discrimination aucune, Vic, Ceret, Nimes, Séville, Madrid, Quito ( ? !) et Saint Sever ! et tous nos toreros, En 2012, Pourquoi vouloir absolument condamner, celui qui dit ceci, celui qui fait cela, et cet autre qui voudrait plutôt ci, alors qu’un autre refuserait plutôt ça ?… et pour ne pas le citer, pourquoi dénoncer un torero qui ne dit que la vérité, la sienne, et admettre qu’il n’y a pas un torero qui vous dira qu’il est heureux de tuer un toro !  Pourquoi ne pas admettre que ce torero a exprimé sans doute un peu maladroitement mais avec beaucoup de sincérité le poids, la gravité et la complexité du mystère qui se passe là, dans nos têtes et sur le sable. Ne soyons pas aussi simpliste que nos pourfendeurs, seul, les censeurs patentés, les antitaurins hystériques, les fachos et les dictateurs de tous bords veulent faire croire que le monde est simple, et imposent et condamnent,  au nom de cette « bonne » et simple vision du monde, le reste qui ne serait pas dans la ligne du parti. Et encore une fois, contrairement à ce que prônent ces détenteurs autoproclamés de la vérité sainte et  à sens unique, nous ne devons pas  aller sur ce terrain là, c’est celui de nos adversaires et de nos détracteurs. On sait où cela les mène à tous les coups !

2012, après 2011 l’année du classement de la tauromachie au patrimoine immatériel culturel  de la France, devrait pouvoir être celle où elle s’ancrerait définitivement dans la modernité ! l’enrichissant de ces singularités et de ses valeurs… Dans ce monde chahuté, 2012 pourrait être l’année de la vérité et de la sincérité, de l’élégance et de la légèreté, de la générosité et du courage, du travail et de la ténacité, de la convivialité et de l’amitié, de la classe et de la beauté ! C’est ce que je nous souhaite à tous, chacun à notre façon ! Pour cela, il nous faudra de vrais et bons Toros, c’est sur, des initiatives originales et créatives, ici et ailleurs, des hommes dans le ruedo courageux et engagés et des aficionados critiques et vigilants mais en même temps enthousiastes et tolérants ! c’est vraiment tout ce que nous pouvons nous souhaiter, rester groupés, pour faire de cette nouvelle année taurine une année magnifique de progrès et de bonheur partagé entre tous et partout.

Philippe Soudée

Et en forme de cadeau, simplement ce texte de François Zumbiehl, qui nous dit bien des choses au de là de toutes querelles et autres agitations de bocal sans lendemain…

« Pourquoi j’aime la corrida ? Parce que tout en respectant l’espace dévolu à l’ombre dans l’arène et dans la vie – rien n’est plus clairvoyant que ce spectacle, allant parfois jusqu’au sordide – elle fait en sorte que ce soit la lumière qui ait toujours le dernier mot. Elle est par excellence une fête de transfiguration et de résurrection. De la fragilité d’un homme, dont l’instrument est un leurre - autant dire quelque chose proche du néant -, de sa sueur et de sa peur surgit un miracle : la violence et la brusquerie se soumettent à sa conduite, elles s’engouffrent dans l’espace apaisé que leur ouvre la cape ou la muleta ; elles renoncent à leur aspect redoutable pour devenir la basse chantante d’une lenteur indicible que le torero parvient à dessiner sur le sable, par laquelle lui-même commence à flotter avec l’extrême douceur « des choses qui ne sont pas de ce monde », selon la belle expression du maestro Pepe Luis Vázquez. Ses poignets s’endorment en berçant du même coup le toro. Nous savons bien qu’il ne tardera pas à se réveiller, ou que la mort, dans tous les cas, va surgir et nous ramener tous à la réalité. Nous savons bien que la plus légère saute de vent, le plus léger désaccord entre l’homme et la bête vont bousculer ce rêve ; que cette étrange éternité va finir et ne se reproduira jamais plus dans les mêmes circonstances (c’est d’ailleurs pour cela qu’elle nous paraît si précieuse et qu’elle peut arracher des larmes à un Belmonte et aux plus endurcis). Il n’importe. Tant qu’elle dure elle nous communique la saveur du paradis perdu où tout retrouve sa juste place, dans ce monde de l’harmonie réconciliée. »

François Zumbiehl

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Published by Philippe Soudée
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