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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 10:57

Faire léger : on m’a toujours reproché non pas de faire lourd mais de ne pas faire suffisamment léger ! Accumulant les répétitions, enfonçant des clous et quelques fois des portes ouvertes et maniant outrageusement le poncif bon enfant, limite crétin ! Certes,  je ne nierai pas, bien sur, mais que voulez vous, je suis une fille simple et gentiment excessive : simple voire simplette, par obligation, on ne se refait pas - cet état étant lié à mes ressources - et excessive non par vice mais par conviction : pour moi, le bonheur, ce malentendu déguisé en promesse, doit peut être se situer entre cette simplicité atavique  et cette bombance d’excès paroxystiques en tout genre, source intarissable de petits plaisirs aussi cruciaux que tangibles. En vertu de l’adage « ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières », à la vérité, j’ai pratiqué les (petites) exagérations comme un art et l’outrance (bénigne) comme une vertu, sans cesse à la recherche de petits bonheurs mérités, n’en déplaise aux peines à jouir et autres contempteurs des bonnes mœurs, arbitres du savoir (bien) vivre ou grand inquisiteur du savoir dire mou et consensuel. Pour résumer et tenter (vainement) de faire plus court - abondance de biens ne nuisant pas, bien au contraire - j’ai toujours considéré qu’au delà de cet art de vivre contestable, certes, un de mes durables et profonds plaisirs se fondait sur une envie irrépressible de partager, d’échanger au sujet de toutes ces expériences vécues qui font le sel de la vie - et la grandeur de la tauromachie. Allez savoir pourquoi, La tauromachie ? Plus que tout autre chose ? Non pas plus, pareil, comme l’art, le ski, le surf, une soirée entre amis, une nuit avec un amant, et « toutes ces sortes de choses » mais il me semble que dans la tauromachie se confrontent en permanence le rationnel, le travail, l’expertise d’un côté et de l’autre l’intuition, la poésie, la créativité… et que de ce rapport singulier, de cette bousculade existentielle pouvaient émerger un peu de la beauté, du sublime et d’une certaine exaltation dont j’ai autant besoin que l’air que je respire, l’eau dans mon Ricard et de baisers de mes amants sur ma peau… Et oui, c’est comme ça, je l’ai lâché, suis ainsi faite, que voulez vous, excessive jusqu’au bout des lignes et même entre les mots, convaincue que les choses ne valent que par ce que l’on en dit, il me semble nécessaire de pouvoir dire et raconter ! « Peau de balle et balai de crin » aurait pu dire brutalement et chastement ma grand mère, qui connaissait mes capacités et savait qu’il ne faut  jamais pérorer plus haut que son QI ! Elle avait raison, je n’ai pas les moyens de raconter moi même, au risque d’être une bavarde de plus,  je ne saurais donc me risquer à raconter mes petites joies, mes grandes déceptions, mes coups de cœurs, mes pauvres questionnements, mes grandes interrogations, mes petites réponses et mes vraies certitudes. Ne vous inquiétez pas ! ma vie n’a pas plus d’intérêt que celle d’une autre, et je ne suis pas Charnet virtuose de l’ego littérature, dont le dernier livre, avec son très beau titre m’a enthousiasmée «  la tristesse durera toujours » Il est capable à petits pas comptés, à force de petits riens ressassés de dire cette nostalgie indicible et paresseuse, ce désespoir trainant et ridicule, et l’attente et ce désir de rien, si vague et imprécis qu’il tourne à vide et tout cela de façon excessive, tu exagères Yves, tu sais ? Mais on te pardonne, parce qu’à la fin c’est beau, il y a cette jolie musique entêtante qui traine encore quand on a refermé le livre… Il est aussi là le plaisir de l’excès dans cette accumulation de redits sur soi qui à force, finit par parler des autres… Bon je m’égare, revenons à notre sujet, le bon sens étant l’intelligence des faibles d’esprit, j’ai compris que je trouverai dans les livres les clés, les éclairages et la compréhension, de ce que je ne sais pas dire et partager. C’est par eux que se perpétue le plaisir, se découvre la vérité, s’invente le sens, c’est souvent par eux comme dirait Marmande que l’on peut savoir de quoi  le passé sera fait et par où nous ne sommes pas  passés, ou l’inverse. C’est encore entre les lignes et les belles histoires de Zocato que se dessine cette authenticité faite assez précisément d’à peu près sophistiqués, d’oxymores douteux, de périphrases drolatiques et de l’intelligence de cet  humour qui n’appartient qu’au gaucher de Pissos … Et il y a tous les autres, ces livres parus en 2012 qui participent au Prix Livre& aficion. C’est pourquoi je vous propose de nous retrouver le 15 février avec les membres du Jury pour les écouter discuter, relire des textes ensemble et boire quelques verres, avant les délibérations. Léger vous aviez dit léger… Désolée… « Je suis comme je suis, je suis faites comme ça, quand Jai envie de rire… » Ah ce jacques P. !

Rendez vous Le 15 Février à 19h30 au Ruedo Newton.

 Le prix Livre & Aficion sera remis à Arles, au cours de la feria de Pâques dans la Bodega du Ruedo Newton.

 

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Published by Emma Falubert
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