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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 01:05

 

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Partager le sens commun... ou partir ailleurs...

 

Ne pas parler ou comprendre une langue n’est pas un handicap et l’on peut s’en moquer comme de sa première grammaire…

De cette lacune, dans ce brouillard sonore, on pourrait s’embrouiller et  prendre des vessies pour des lanternes ou des torchons pour des serviettes…

OK, quelque chose du sens se perd… mais quoi exactement ?

ce «  quelque chose »  qui se met en commun et qui rassemble que l’on appelle justement le sens commun ?

Commun... c’est à dire banal, général, courant, conformiste, normal… ce sur quoi on s’entend et qui ne surprend plus… peut être…

à l’inverse, si on parlait de ce qui se retrouve et émerge de cette incompréhension de la langue que certains définissent comme étant le fameux barrage de langue…

Mais  si finalement ce barrage prenait la forme d’un pont ?

Si dans cette étrange musique étrangère se reliaient au delà des mots,  d’autres territoires, d’autres sensations, d’autres émotions, d’autres sens en plus, , ce « je ne sais quoi et ce presque rien » qui diraient la vérité autrement… ?

Et si ,comme disait Roland Barthes, «  Cette masse bruissante d’une langue inconnue, constituait une protection délicieuse » et dessinait d’autres possibles…

Si dans ce magma de sons indéchiffrables, on se sentait plus protégé de ce bon sens soi disant si bien partagé, et de l’inanité ordinaire des bavardages du quotidien, protégé de la grandiloquence des vaniteux, de l’humilité imbécile des faux culs et de la vulgarité des mondains arrogants ?

Si pointait là, au creux de ce sens égaré, le sentiment très fort d’être dans l’essentiel ? dans cette vérité muette et profonde des regards à nu ?

Pour ma part, dans cette soirée, moi qui suis un étranger à la langue, même si j’en aime la musique, il me semble que j’ai pu y percevoir autre chose de ces histoires sans parole…

Deux grands maestros, à la fois humbles et fiers. Bien sur. On les a tous vus.

Mais J’ai pris aussi le temps de percevoir la timidité d’un grand maestro, Joselito, le timide, et son regard déterminé, sa volonté de ne pas être ordinaire, d’être à côté, d’être différent. J’ai vu cette volonté, discrète et presque secrète, de ne pas être commun mais sans acrimonie, ni aucune rancœur, assez naturellement, sans doute pour ne pas se renier. J’ai vu un maestro qui tout en respectant les convenances se veut rebelle ! Mais un rebelle qui marcherait dans les clous pour ne pas avoir à faire à la police, comme disait Brassens…

Et dans ces yeux, dans ce regard, j’ai aussi vu celui de… Boris Becker, et oui, le tennisman, avec ce regard dur, implacable de celui qu’on appelait Boum Boum, parce qu’il frappait si fort et sans état d’âme. Un regard qui tuait, tout en étant d’une grande humanité, un regard qui en dit très long… mais pas plus que ce qu’il faut… un regard qu’il ne faut pas provoquer trop longtemps… un regard « si tu me cherches tu finiras par me trouver… »

J’ai vu aussi ce maestro plus jeune, un rien moqueur et facétieux, Un œil qui frise et qui n’en pense pas moins. Lorsqu’il vous fixe, ça rigole mais « fais gaffe quand même »… dans ce côté dilettante  et en apparence si fragile, pointe aussi cette détermination qui lui permet d’ambitionner les sommets… et bien, dans ce regard qui semble aussi si léger, et si délicatement souriant, curieux de tout et interrogateur mais sans jugement, j’ai retrouvé un autre regard qui m’avait frappé, il y  a longtemps. Celui d’une jeune chanteuse que certains prenaient pour une gamine sans avenir… Celui de Vanessa Paradis, et oui, à ses débuts, elle si joliment menue, si frêle et si gracieuse, sexy aussi, avait déjà, lorsqu’elle vous fixait, une flamme brulante dans le regard qui ne cachait rien de ses ambitions et de sa volonté… de sa profonde détermination… et on connaît la suite…

Alors, au delà des mots, et parce que je ne comprends pas la langue, je me suis offert deux portraits un peu différents, Joselito / Becker et Talavante / Paradis… je sais , cela paraît incongru… et inutile… peu importe mais je vous assure, pendant que vous écoutiez,  j’ai pour ma part passé un bon moment à faire des aller et retour entre ces quatre personnalités là… et j’ai vraiment fait un beau voyage... parce que seul le regard...

IMG 1949IMG 1952

quelque chose de Vanessa Paradis

le regard de Boris Becker

les prhotos sont d'Eugénie Martinez ©

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Published by Emma Falubert
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