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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 12:47

 

« Nous irons tous au paradis », promettait la chanson. Sans toutefois ni préciser l’heure, ni l’itinéraire et encore moins la destination finale.

Du coup, faute de cartes et de repères, et en vertus de l’adage qui prétend que tous les chemins mènent à Rome, et pour triompher de la sainte quête, (si je puis dire, très « profanement » respectueux et évidemment païen), on se met tout de même en route, sans rien se refuser, sans trop d’a priori, et de jugements surfaits, on avance et on les cherche ces toros qui devraient nous y mener à ce paradis tant désiré. Alors, de chemins de croix, en chemin de fer, de chemins de traverses, en autres sentiers sinon lumineux, tout du moins tordus, nous courons les arènes ! Toutes les arènes, les toutes petites et les plus grandes, les planquées et les minables, les bricolées élégamment et les en ruines émouvantes ou dangereuses,  les vraies  les fausses, les prometteuses, les décevantes, les réussies, les solennelles, les secrètes et les inattendues… Bref, les ruedos de toutes les sortes pavent de bonnes intentions et de surprises plus ou moins belles, cette route qui passe parfois par l’enfer pour mener, à la fin, aux « champs élysées », au paradis perdu.  Il nous faut donc glaner ici et là quelques indices, récupérer quelques subsides, engranger quelques images, se frotter à quelques sensations, le tout en forme de  lumières, pour mieux s’y retrouver, tenir le coup et accéder enfin à cet éden promis, où, peut être enfin, se  comprendra le mystère… Alors dans cette traque, il n’y a rien à jeter, juste peut être à force de patience et d’abnégation, d’ironie et de recul, peut-on espérer ( ou craindre)  perdre un peu d’illusions, mais là,  encore est-ce vraiment nécessaire ?

Alors, le voyage est sans fin, et de tous les instants, même là où on ne s’y attend pas…

IMG_0625.jpgComme au détour d’une rue de Paris, à mille lieues des toros, cette architecture arabo-andalouse, délire d’un banquier ou d’un assureur au début du 20 ème siècle.

ou encore aux Arènes de Lutèce où sans doute un jour, avec Zocato…

Et puis, le lendemain, on surfe, pour être à Pampelune, avec Maurice et les autres, qui courent leur folie, leur inconscience, pour juste quelque secondes de courage, être un héros anonyme pour l’éternité...

Plus loin un peu plus tard, du coté de Vauvert, on croise Jonathan Veyrunes. Accompagné de la famille, d’un banderilleros de ses amis qui court aussi les ruedos et partage la connaissance avec « ceux qui vont devant les toros ». Il est là, sous le soleil de plomb IMG_0691.jpget il  affronte un toro, dans l’anonymat de ce ruedo perdu. Plus tard on saura que c’est une diable d’éditrice, alguazil à ses heures, qui aura préparé le cheval pour la pique… Chacun prend les chemins qu’il peut, qu’il veut…

Un peu avant, dans la nuit, sur une terrasse sicilienne, en plein Nîmes, on avait reparlé de la chaise de Morante, et de Conde qui n’y arriverait pas, d’Aparicio qui n’y arrivera plus ( ?!),

On a parlé des livres aussi, ceux où on apprend les mots pour le dire, et surtout ceux où on peut rester, un peu plus longtemps, ou y retourner, quand on veut,  durablement… dans le mystère de ce chemin sans fin. Ou bien les traits de Tapiès ou de Miro qui dessinent un peu de notre isupportable fragilité et de nos folles espérances...

(pour ce bon moment d'ailleurs, un grand merci  à Kelly et aux flamboyantes outrances des deux complices de cet été pas si dangereux que ça...)

Le lendemain on prend un autre  train, en marche pour, croiser à Méjanes, tous ceux qui comptent de la maison Ricard, et même de la famille, et tous les autres anonymes ou plus célèbres, qui aiment cet endroit emblématique qui ne resemble à rein d'autre… Il y a là 6 toreros vedettes, tous en quête des trophées… On les aime tous, parce qu’ils vont là, avec leurs chevaux, devant les toros, et peut être aussi parce que nous sommes comme en famille, d’une indulgence bienveillante et spontanément généreuse…

Et puis, allez savoir pourquoi, alors que tous se sont évertués à nous éblouir de leur technique équestre et de  leurs exploits de centaure,  au bout du compte, le plaisir profond et la jubilation partagée, surgissent, ailleurs, de façon inattendue, avec cette jeune femme, descendue de cheval pour « descabéler » , et qui parce qu’elle y est parvenue fort bien, explose de bonheur, frôle le paradis et nous avec…là, où on ne l’attendait vraiment pas…

Pas de trophée, mais un immense sourire, magnifique et  jubilatoire, pour la terre entière… tout près de ce  paradis, enfin !

« On ira tous au Paradis, » donc c’est sûr, mais encore une fois les chemins qui y mènent sont bien impénétrables …

il n’y a pas de mauvais moments, de mauvais itinéraires, ni des choses à ne pas voir, et des toreros, oui ! d’autres non ! et des toros, peut être ? d’autres  ceci ou cela !  Il n’y a fondamentalement que des détours, et des possibles,  des contours et des surprises, bonnes ou mauvaises… c’est par là le vrai plaisir de ce voyage, initiatique jusqu’au bout, inépuisable comme l’exploration et la découverte d’un art, le plus grand, l’art de la vie…

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Published by Emma Falubert
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