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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 11:50

 

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au Cartel pour cette soirée, Joselito le Vrai

et Paco Aguado L'écrivain

(photo eugénie Martinez ©)


Le monde est ainsi fait : à l’opéra, tous amateurs avertis ;  au foot, tous sélectionneurs ; et en tauromachie, tous toreros ! C’est comme ça et nous n’y pouvons rien. Partout, Il y a d’un côté, ceux qui savent et d’un autre côté, les autres, qui savent aussi… et tous ont en commun le discours péremptoire, l’entendement de travers et le discernement acariâtre… entre les deux il y a ceux qui font, agissent et construisent… Nous en sommes, au Ruedo !et tout ce qui peut se dire et se médire, on s’en fout, parce qu’encore une fois l’autre jour à Paris ce fut une très belle fête taurine…

Et une belle fête attendue et préparée comme un grand rendez vous sans se demander si ma tante en avait… si Dominguin ceci ou Ordonnez cela… Non juste des questions simples et des réponses idoines : à quelle heure est l’avion ? qui va les chercher ? où dorment-ils ? à quelle heure on mange ? a-t-on les images ? Est ce que Bernard, (mais si… de Istres,) est prévenu ? Et Antoine de Madrid ? Mais non Antoine, pas de Madrid, Antoine Madrid tout court qu’il s’appelle ? Tout court ? alors est ce qu’il viendra ? et Qui s’occupe de quoi? Et quand ? et Rodolfo et sa bande ? et Les Cahiers de la Tauromachie ? cette revue aussi inutile que grandiose, Va-t-on en lire tout le texte ? Même… celui sur Séville, le désastre ? En Espagnol ou en Français ? les deux si ça trouve ? Et Durand, il viendra ? Jacques ne viendra pas ! Sa grand mère serait malade ! mais non, tu rigoles,  elle n’est plus là depuis longtemps, non il a juste la flemme, la flemme de l’hiver, c’est lui qui l’a écrit ! c’est dommage… et Marmande viendra-t-il ? on ne sait pas comme d’hab mais lui non plus… y aura-t-il assez de chaises ? Qui s’occupe des cacahuètes ?  Prenez des noix de cajou ! non c’est trop cher et Soudée les mange toutes ! les Centaures viendront à combien ? Et sur qui et quoi gueuleront-ils ? Parce que ceci ou cela… La petite repérée la dernière fois – « à se damner le fion ! » non, mais ça ne va pas ?… là tu exagères ! oui mais j’aime bien l’expression, une expression perdue, comme des passes oubliées, et qu’il faudrait reprendre… Joselito était un grand expert de toutes ces passes oubliés qu’il utilisait en artiste… donc cette petite, Reviendra -t- elle, seule ou accompagnée ? Reverrons nous aussi le beau gosse avec sa bande ? Et l’hôtel, on peut stationner ? où est il? C’est payé ?  Et Zocato, quelqu’un a des news? Il compte les palombes ? mais non à cette époque on ne compte plus les palombes, il est en repaortage quelque part au Campo…Et cette histoire de muleta pour les enchères ? elle est arrivée ? et elle est bien à Joselito ? on ne sait pas il nous le dira… Les gens du CTP viendront-ils ? Blondeau acceptera-t-il gentiment, sans rien dire qu’il n’y ait pas de démo de  toreo de salon ? No news de la Querencia ? Silence Radio, chacun dans son coin… oui la Querencia, en quelques sorte, porte bien son nom ! et zut, on a encore oublié de publier le texte  sur le chapeau de Vincent ? « Aujourd’hui c’est Miura » ! on verra plus tard… et JOL ? viendra ? viendra pas ? il a dit qu’il viendrait s’il pouvait… il ne pourra pas, comme d’hab ! mais un jour il viendra, j’en suis sur ! ( et en fait n’est il pas  toujours là, finalement ? ) Et les nouveaux membres croisés ici ou là, par les uns et par les autres, franchiront-ils le pas ? toutes ces questions et bien d’autres encore, et les réponses en vrac mais le 17 à 20 heures, tout le monde est prêt et bien prêt.


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à 20 heures tout est prêt et Dominique Perron, président de l'UCTPR

lance le Paseo

PhotoEugénie Martinez©


Normal,  parce que pour nos invités  Paris doit être une fête, et l’aficion parisienne un cadeau ! Alors cette fête, elle se prépare sans état d’âme, juste du boulot, beaucoup de boulot, de vérifications et de précautions. Alors tout le monde s’y met, à chacun son Job : Helene pour les comptes et les décomptes, et Magali qui s’y colle aussi, Eugénie pour les Photos et les portraits, et  Nicolas pour le net ( à propos Nicolas, FB crie famine), Eric on pense à lui, il est là avec nous malgré tout, Maurice qui planifie, ordonne ( je veux dire met en ordre) et peaufine, Marc qui active les réseaux, et Céline qui traduit sans trahir…  Une équipe formidable et je me risquerais même à affirmer une équipe soudée, si  j’osais… et ce sera en comptant avec l’équipe de l’UCTPR et celle du Newton, ( vous voyez ce que je veux dire), qui nous accueille chaleureusement à chaque fois…

D’ailleurs, Il y a quelques jours, quelqu’un, ou plutôt quelqu’une, ayant sans doute quelque mauvaise idée derrière la tête, trouvant saugrenue voire inutile la présence d’un autre Club Taurin à Paris, a demandé pourquoi ce 4 ème Club à Paris… Je ne savais pas trop quoi répondre, tant il me semblait que depuis presque 5 ans (on en reparlera de ces 5 ans, très vite, vous verrez)  il avait su prendre sa place et une bonne place… mais j’aurais du répondre, simplement pour le plaisir d’être avec cette équipe là, de les retrouver à chaque fois, et que tout le monde se démène pour que ça marche… Un club de plus, certes et sans raison précise, juste le plaisir du Ricard et du verre de l'amitié, entre nous , le plaisir de retrouver des amis, et d’être ensemble l’envie d’entendre des textes avec mon Picador Flamenco du Valais préféré, mon ami et comédien Patrice Bornand, en Duo avec François Marthouret, cette grande voix au "temple" si noble et au regard si malicieux… ( non ce n’est pas une maladresse mais une licence poétique ), de recevoir Gaillard et ses amis, de retrouver Loren, venu en voisin de Malaga, et tous les autres, qui nous suivent et viennent à chaque fois,  et trinquer avec Dominique Perron et sa bande, attendre Marmande, ne pas l'attendre (viendra ? viendra pas ?) revoir les centaures et les flippers américains et taurins de Patrick, juste comme ça pour le plaisir… les entendre raler, gentiment… le plaisir de préparer avec Zocato, se sentir un peu poète avec lui, écouter ses histoires de Pissos et d’ailleurs, voyager avec lui en astronaute de l’histoire courte, partager ses vertiges d’équilibriste, et ses tangages de marin de grands chemins de traverses, un peu magicien et très jongleur, ou l’inverse parfois, rire et sourire avec ce guérisseur de mauvaise bile, picoler ma limonade avec ce soiffard de vin « pûreu »… aller jusqu’à cette ivresse sublime qui vous fait entrevoir le paradis des assoiffés, les vrais, ceux de la vraie vie… Appeler Personnellement Denise maintenant qu’elle a un portable, rencontrer pour de vrai des légendes qui m’ont fait rêver et que j’ai aimé voir dans les Ruedos… me payer avec des amis, Tarzan et quelques autres de passage, plein d’autres délires encore, d'Oran à Madrid, en passant par Bruxelles, New York, Mexico, l'Amérique du Sud, et la Chine un jour… et lire tous les livres, en parler avec ceux qui savent lire, et avec les autres aussi, avec ceux qui savent et aiment écrire et s’en aller, remettre ce prix "Livre & Aficion" pour rencontrer Montcouquiol, Durand, Doan et les lauréats de cette année ( qu'on ne connait pas encore), retrouver ceux qui savent aussi que les voyages commencent là entre des lignes…et que les plus belles faenas sont celles que l’on se raconte, celles qu’on s’imagine, celles qu’on attend…

Bref une évidence, ce club ! parce que c’est comme ça ! Une espèce de nécessité aussi impérative qu’optionnelle et libre, un courant d’air, une secousse bénéfique dans nos vies de parisiens stressés… Un club de rencontres ! pour se rencontrer autrement…

Et d’ailleurs, à propos de rencontres, grace à l’excellent Vincent Maes,  avec l’encyclopédique et sympathique, quand même (oh je plaisante)  Jean Pierre Hédoin et le pétillant et (trop) entreprenant Vincent Blondeau, nous savons bien que les quatre clubs parisiens sont nécessaires  et qu’ils se complètent et qu’il y a de la place pour tout le monde… Entre nous , on sait tous aussi qu’aucun des clubs n’a l’exclusivité  des intellectuels,  ni l’apanage des artistes, ni le privilège de la jeunesse, en revanche on sait aussi tous les trois que les ayatollahs sont légions et qu’il y a pléthores de bourrins, mal élevés un peu partout…

des noms ! des noms ! mais ça va pas ! nous sommes bien élevés… voilà ça c’est dit…

Et ce n’est ni une posture, ni seulement de belles intentions… d'ailleurs, concrètement, au mois de décembre, nous avons passé ensemble une excellente soirée, avec le  spectacle Teruel, spectacle de danse de et par une compagnie Suisse… et oui, tout arrive, intellectuels, artistes, cinéastes, jeunes moins jeunes et plus vieux, tous ensemble pour cette œuvre inédite, improbable ,excitante, intrigante, proposant des réponses à des questions qu’on ne se pose pas et pose des questions dont on n’aura pas la réponse… cela ne vous rappelle rien ?… quelque chose qui aurait à voir avec l’art taurin ?

Moi, je dis ça je ne dis rien comme on dit, justement quand on veut se dédouaner, parce que de mon côté, je ne sais rien , ou très peu… et pour dire la vérité, je le fais exprès et je le revendique. Je ne veux pas me coincer  les sens dans un savoir figé. Je revendique le droit de rester béotien et m’étonner et m’étonner encore, parce que si la tauromachie est un art, c’est parce qu’elle recrée sans cesse cette situation incongrue, inutile, gratuite, étonnante et nourrissante ! Et qu’en ce sens, elle demeure inépuisable, comme une œuvre d’art !  Et c’est là, que l’on trouve sa liberté, la vraie, pas celle de la petite bière d’un boit sans soif raisonnable et sans l’ivresse, la vraie ! Pas celle non plus qui s’apparenterait à de la désinvolture, de la décontraction, du genre « il est libre Max », cette ordinaire posture pour faire jolie sans élégance et sans grâce, juste la mode d'un moment… non, cette liberté qui permet d’aller vers les limites… d’y explorer les interstices un peu flous ou trop claires, les fulgurances géniales, ou les "sombritudes" attristées que les artistes proposent, inventent et recréent sans cesse, sur la toile, sur le marbre, ou le sable… Loin des certitudes, des savoirs des uns et des connaissances des autres.

Ne pas juger, encore moins condamner ou à l’inverse encenser dans des délires hagiographiques irresponsables et figés…  non, il s’agit de d’émotions, de sensations, de vibrations non pour comprendre mais pour appréhender, regarder et sentir… la totalité du monde… dans une passe, un souffle, une demie véronique,… un regard…

Quant à savoir comment ça marche… ça c’est une autre histoire… l’histoire de ceux qui savent justement…

Mais revenons à cette belle fête…  une fête pleine de surprises.

prise-de-vue-sans-titre-0936-15.jpgEn principe Ce 17 décembre le Ruedo recevait Joselito et Paco Aguado… Joselito, le torero, le vrai et Paco L’écrivain parce qu’il s’agit bien de Littérature, là dans ce livre, dont il sera question toute la soirée, écrit à une seule et belle voix et deux mains aussi habiles, sensibles qu’intelligentes…  des mots pour tisser les lignes fortes d’un destin, d’une

volonté et d’une passion… Un livre d’une

Paco Aguado ( Photo Eugénie Martinez ©)

sincérité et d’une vérité assez rare… dont Zocato en grand maitre es littérature et art taurin, en artiste des mots, des pirouettes et des détours, nous fera découvrir la trame et la construction… Un livre qui au fond à force d’émotions souriantes, de souffrances avouées, à force d’histoires d’amour et de passions, de déceptions, de trahisons, de travail, de doutes et de triomphes, finit par rendre compte gravement et lucidement de ce sentiment tragique de la vie qu’incarne ce grand torero, dans toute sa chair. La vérité et l’humilité, la lucidité de cet artiste nous touchent parce qu’il ne prétend rien nous apprendre, nous imposer... et à la fin il nous laisse sans certitude, ne sachant pas de quel coté de la force lui même balancera au bout du compte…

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« Qui aurait qui aurait dit que le petit Marlou que j’étais, ce loubard à blouson de cuir qui volait des montres et des autoradios dans les terrains vagues, verrait un jour, sur un bristol, son nom précédé du titre de Excelentisimo Senior ?  et à la Vérité, je ne sais toujours pas très bien lequel des deux est Joselito le Vrai. »

 

 

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Joselito, le vrai ( Photo Eugénie Martinez©)

texte "Joselito le vrai" chez Verdier

 

 

Et puis dans cette soirée, il y eut comme un cadeau en forme de quite, le témoignage émouvant de Bernard ( de Istres…!) , sa rencontre avec le Maestro et comment il a « obtenu » son accord, sans esbroufe, sans tricherie, et sans frime… 

 

 

 

 

 

 

 

Bernard Marsella ( Photo Eugénie Martinez©

 

il y eut aussi ce moment de grâce, cette virgule sublime dans la trivialité triomphante d’un monde si stupidement bruyant, avec la lecture de ce très beau texte de Durand, dit par les deux grands diseurs Marthouret et Bornand… grand et rare moment d’émotions parce que Le Maestro a accepté, dans ces mots dits, de tout y revoir … du triomphe absolu de Madrid, à l’échec de Séville… à la fin, Nous n’avons rien dit et doucement il a souri… "c’est la vie…" a t il dit, simplement et sans tricher.

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Marthouret et Bornand (Photo Eugénie Martinez©)

 

Et puis surprise, juste avant, dans les rues de Paris, (décidemment qui disait déjà que Paris est une fête !) chez Mila et Julien Lescarret, (Rue Lobineau, allez y, Viandas de Salamanca propose des produits d’exception et vous y serez bien reçus) on boit un verre puis quelques autres, et  tout va pour le mieux, le maestro découvre Paris, profite, apprécie, et se détend… et d’autres amis qui arrivent de Malaga… On se croirait à Seville à la sortie des arènes, et les arches du marché saint Germain prennent un faux air de Maestranza…

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IMG_1898-copie-1.jpgà tel point, que je n’ai pas d’hallucinations lorsque je vois arriver vers moi, un jeune homme, élégant, mi bohème, mi bourgeois, barbe de trois jours, très parisienne,  ou movida madrilène, Mais oui c’est Alejandro Talavante, venu avec sa princesse Aztèque, oublier les toros… et

 

(photo Emma Falubert ©)

tenter de lui prouver qu’il pouvait penser à autre chose… mais c’est raté ! les toros sont partout et même à Paris… et nous voilà partis, avec la princesse et toute la cuadrilla vers le Ruedo pour cette soirée exceptionnelle…

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On aurait pu voir arriver Manolete, nous n’aurions pas été plus surpris. Marmande en revanche n’est pas venu, ni JOL , Ni Didier Guillaume, ni, ni … allez la prochaine fois, ils viendront, c’est promis, vous verrez ce sont des belles soirées, de belles soirées taurines, à Paris, avec des Maestros qui nous promettent toujours de revenir, parce que ce n’est pas une blague, ce ne sont plus des mots,  Paris, avec les clubs taurins, est vraiment une belle fête !

IMG_1953.JPGune belle fête !( Photo Eugénie Martinez@)

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Published by Emma Falubert
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