Partager l'article ! Épisode 7 : où le mystère a failli s'épaissir: Un grand silence, lourd, silence de mort… « Non, ça n’est pas possible&nb ...
Un club Taurin à Paris, Rue Newton pour échanger, partager et se retrouver en attendant d'y
retourner...
Un grand silence, lourd, silence de mort…
« Non, ça n’est pas possible ! » hurla Véronique perdant son sang froid. Balthazar lui prit une main fermement, et tendrement pour la soulager et partager avec elle... Rachid de l’autre côté lui prit l’autre main. La gamine ne put s’empecher de sourire et se sentit rassurée. Rachid, malgré tout, n’en pouvait plus de trembler en jurant sans cesse :
« et merde, et merde ! ».
Seul Papi Négro semblait confiant. Il murmurait tout de même sa psalmodie habituelle :
« Mais bon sang de bois, comment fait-il ? Comment fait-il ? ».
Ils allaient tenter d’ouvrir l’abatant pour retrouver l’intrépide nain, lorsqu’il apparut, surgi d’on ne sait où, comme une apparition magique : ce type avait le génie de la mise en scène et perché sur le haut de la remorque, il se mit à danser comme un beau diable sur le toit du camion, un grand sourire de joie sur son visage radieux, les deux bras en l’air en signe de triomphe. Les deux compères, Véronique et Papi Négro, soulagés et rassurés l’attrapèrent et ils firent le tour du camion comme ils l’auraient fait pour un triomphe dans une arène.
Puis, après ces moments de soulagement, sans perdre plus de temps, Ils grimpèrent tous dans la cabine.
Le camion reprit sa route, vers le fameux rendez vous.
En quittant la place, ils ne virent pas un jeune gardien se pencher sur la silhouette du « torero » en casquette. ils ne virent évidemment pas non plus son sourire. (… ça c’est une autre histoire).
Balthazar au volant demanda tranquillement
« et maintenant, où va t on ? »
« J’ai trouvé ça sur le parebrise » répondit immédiatement le grand père en tendant une enveloppe kraft adressée à Balthazar. Il ne comprenait pas, fit signe à Rachid d’ouvrir. À l’intérieur une demie page où était simplement écrit, d’une écriture d’enfant,
« Rendez vous à la pointe de la Brion, Domaine des 1000 arbres »
« Pointe de la Brion… c’est précis au moins… Mais où est cette pointe de la Brion ? » demanda Balthazar,
« Autant chercher une aiguille dans une botte de foin » dit Véronique en souriant
« allez, on ne se décourage pas , on a bien retrouvé un toro dans le labyrinthe de leur Défense.. alors… ça n’st pas une petite pointe de la Brion qui va nous effrayer, non mais ! » rassura Gamin en souriant.
« Tu ne te souviens pas Gilbert ? »
Tous se tournèrent vers le le grand père…
« Gilbert ? » demandèrent tous les autres pendant que Balthazar souriait,
« Oui, Gilbert, c’est mon vrai nom, ma mère m’avait appelé Gilbert, je ne sais pourquoi… »
« Peut-être le nom de ton père ?… ou de ton grand père ?… ou un ancetre ? » osa la Véronique.
Balthazar en haussant les épaules désabusé :
« Ma mère, elle ne l’a pas connu, mon père…enfin je veux dire… juste une nuit, et encore, quand je dis une nuit… »
« En même temps, il ne faut pas plus de temps que ça ! » dit Rachid en souriant…
« Oui, mais dis nous, ton père… enfin ton géniteur, il était, il était… noir » reprit Marsavril en s’enfilant une grande rasade de Rosé frais à la bouteille.
Le grand père eclata de rire
« et oui… tout ce qu’il y a de plus noir… parce que ma fille, sa mère, elle est comme moi, une oie blanche, très claire…comme une normande, comme moi !»
« Toi ? une oie blanche ? laisse moi rigoler… un vilain et vieux canard, oui, sauf ton respect évidemment… »
c’est Rachid qui avait osé en tapant dans le dos de l’ancien. Ils rièrent tous de bon cœur. L’ambiance se détendait.
« Mais… c’est idiot cette histoire de couleur ? non ? » dit Véronique d’un air très sérieux « on s’en fout… Balthazar, c’est Balthazar, noir, gris jaune, ou vert… et puis c’est tout ! »
« Tu as raison, bien sur, mais le problème, c’est son nom… Gilbert ! Gilbert… un nom de vieil oncle, ou de beau frère ! ça ne va pas du tout. »
Ils éclatèrent encore tous de rire, suite à cette remarque de Rachid. Le nain s’installa sur le tableau de bord.
« Bon, alors dis-nous, Balthazar, tu t’appellais Gilbert et ton grand père t’a appelé Balthazar, c’est bien ça ? »
« c’est exact, Papou Négro/ » « papi » rectifia Véronique « non moi je l’appelais papou négro, quand j’étais petit, et puis en descendant ici, les gens l’ont appelé Papi, c’est comme ça, donc Mon cher grand père, m’a très vite appelé Balthazar, d’ailleurs, ça remonte à si loin que je ne me souviens pas que quelqu’un m’ait appelé autrement »
« ta mère ? peut être ? » dit le Nain…
« Non, je ne m’en souviens plus, ma mère je ne l’ai pas vu depuis , depuis … » « depuis 5260 jours et des poussières » tous se tournèrent vers le grand père qui très précisemment venait de donner de l’épaisseur au temps qui passe.. ;
« quelle précision ! tu comptes les jours ? »
« nous avons quitté le pays il y a 5260 jours et demain cela fera un jour de plus »
« Ben dit donc… tu vois si un jour ça correspondait à un mètre et bien, 5000 jours, ça ne ferait jamais que 5 km, c’est pas énorme au fond » plaisanta Véronique
« oui mais c’est idiot » dit Rachid
« c’est court et c’est long à la fois » reprit sérieusement Balthazar
Rachid haussa les épaules en regardant Gamin qui continua…
« moi je n’aime pas ces histoires de mesures… ce qui est court, grand, long ? plus petit, tout petit… minbuscule, pourquoi pas Nain, pendant que vous y êtes… Une personne de petite taille, ne s’amuse pas à rentrer dans ce genre de détails » dit Gamin, « le temps passe et nous avec… en attendant ça ne me dit pas où on va ? »
« Si je comprends bien, On retourne d’où on vient tous les deux, je ne connais pas le domaine des 1000 arbres mais je sais que c’est quelque part, par chez nous »
« il y a si longtemps » dit Balthazar
« 5260 jours qu’on te dit »
« j’avais 12 ou 13 ans »
« et tu étais déjà / »
« noir ? oui évidemment »
« non, je voulais dire costaud, comme ça » demanda Véronique en tatant ses biceps. C’est la grand père qui répondit :
« ah ça, mon roi mage, il a toujours été costaud, son étoile filante de père, c’est le cadeau qu’il nous a fait, un gaillard comme ça… hein mon roi ! »
« Il parait mais je n’ai que des souvenirs de pêches, de chasses de braconnages de course dans les marais, et que même je portais toujours les sacs… ça doit être pour ça !, »
« et ta mère ? »
« Ma mère, je ne m’en souviens pas beaucoup, elle s’est mariée avec un type que je n’aimais pas, et qui me le rendait bien »
« Un con, un con de directeur d’école qui voulait tout régenter, dominer, expliquer… et en plus il voulait que Balthazar le roi du marais, aille à l’école ! » dit le grand père « On ne pouvait pas s’entendre ! »
« Alors vous êtes partis ? » dit le nain,
« Oui nous sommes partis tous les deux, avec l’accord de ma fille, qui voyait bien que ça ne collerait pas, et qui nous a laissé partir par amour, pas par lassitude ou négligence » et il reprit
« en fait, ça la soulageait, elle ne supportait pas de voir son fils et son père prisonnier de ce type, qu’elle aimait, allez savoir pourquoi… ah l’amour, c’est une autre histoire… »
« C’est beau… mais dis moi, elle vous aime, soit disant, et elle vous met dehors » tente Le nain. Le grand père qui a retrouvé toute sa vivacité martelle presque faché :
« Elle ne nous a pas mis dehors, j’ai décidé d’un commun accord, tacite, d’offrir d’autres perspective au petit… »
« C’est bien ce que je dis, c’est beau ! »
« Et bien oui, c’est beau » dit véronique qui enchaina
« et pourquoi vous ne l’avez pas revue »
« Parce que 5260 jours, je ne sais pas combien cela fait en metre mais finalement c’est court, et on a pas eu le temps… et en plus c’est vrai… il y a toujours quelque chose à faire… voilà c’est comme ça… »
« En attendant c’est où ? c’est quoi ce domaine des 1000 arbres ? » demanda Balthazar qui faisait filer son engin sur l’autoroute.
« Il me semble que C’est un domaine dans la Baie du Mont Saint Michel, un domaine complétement clos, très très grand, ça appartenait à une riche et vieille famille du coin … mais je n’en sais pas plus »
« Merde ! » lacha soudain Balthazar.
Sur la route un motard de la Gendrarmerie qui avait dépassé le camion, faisait signe de s’arrêter de prendre une bretelle de dégagement.
Ils firent tous le silence. Encore des ennuis. Véronique avant que le camion ne s’immobilisât sur le parking de l’aire de repos, prit des papiers dans la boite à gants et en les tendant à Gamin, leur dit à tous de façon très ferme et sans réplique
« Surtout Personne ne dit rien, je suis à la manœuvre, vous me laissez faire, ne vous inquietez pas, tout va bien se passer mais quoi qu’il arrive ne dites rien , je vous en supplie »
Elle finit sa phrase par un clin d’œil où elle apparut soudain à tous, non comme une gamine capricieuse et arrogante mais comme une jeune femme autoritatire et déterminée.
Et très rapidement elle défie le compteur, s’empara du mouchard, demanda son permis de conduire à Balthazar puis elle descendit avec Gamin à la rencontre des trois motards qui s’étaient placés autour de la remorque. De la cabine, les trois autres la virent discuter avec les agents, et ils ne la reconnaissaient pas. Elle semblait très sure d’elle, très adulte, jeune femme très belle et assurée. Gamin avait pris son air sérieux et en le regardant comme ça, on en aurait oublié ses facéties et sa taille. De loin Balthazar, Rachid et Le grand père les regardaient discuter, un peu inquiets tout de même. Lorsque la petite troupe se dirigea vers eux et qu ‘un des motards désigna du doigt le chauffeur, Balthazar eut des sueurs froides. Le grand père n’en menait pas large. Rachid avait presque l’envie de pleurer.
L’ agent fit signe très courtoisement à Balthazar d’ouvrir la porte, et il ne lui posa aimaiblement que quelques questions sur le camion lui même, ses performances, sa tenue de route, sa consommation et le confort. Balthazar se surprit à répondre calmement, précisemment, inventant des réponses que l’autre plus curieux que suspicieux, voulait entendre. Très vite et sans autre forme de procés, l’agent de la force public passionné de gros calibre, rendit ses papiers à Balthazar interloqué mais content de son coup. Puis Véronique, le nain et les trois agents se dirigèrent vers l’arriere du camion. Balthazar soupira soulagé, le vieux lui fit signe que ça n’était pas terminé : il y avait encore le colis derrière qui pouvait poser quelques problèmes. Véronique revint vers la cabine et fit signe à Rachid et à Balthazar de descendre. En passant, elle leur refit un clin d’oeil et chuchota « et surtout vous ne dites rien ! ».
Ils étaient tous les deux, dans leurs petits souliers, ils se disaient que les flics en voyant l’animal allaient être surpris et que là les ennuis allaient recommencer.. Arrivés derrière le camion, ils rejoignirent les agents qui discutaient entre eux, décontractés et sans agressivité . Véro fit signe aux deux amis de maintenir l’abatant pendant q’elle actionnait les verrins. L’abatant descenditr doucement. Lorsqu’il fut en bas les agens s’approchèrent et gamin rentra dans la remorque. Les agents étaient admiratifs
« du beau matos, en tout cas, hein ? des fois, on aimerait bien être une vache ou un cheval pour voyager là dedans » dit le plus bête des deux.
« pour ce qui est de la vache, on en est pas loin… on nous traite souvent de peau de vache… hein ?alors » rétorqua l’autre qui ne voulait pas être en reste.
« alors que toi, c’est vrai que t’es plutôt un bon cheval ! » renchérit l’autre, pour maintenir le niveau et faire bonne figure et ils éclatèrent de rire…
Véronique souriante, continua à alimenter la conversation en badinant avec les agents de la force public, devant Balthazar et Rachid qui n’en croyaient ni leurs oreilles et encore moins leurs yeux : parce que devant eux les agents parlaient comme ça, en rigolant devant une remorque vide !… immense et complétement vide ! Pas de toro, rien que des cloisons et des restes de paille.
Véronique en leur faisanrt un autre clin d’œil actionna les verrins pour refermer la boite mystère. Les garçons remontèrent dans le camion ; abasourdis, ils observèrent Gamin et « la patronne » saluer les motards qui leur firent signe pour les guider et sortir de leur parking.
Une fois engagé sur l’autoroute, personne n’avait encore rien dit, lorsque Véronique et Gamin éclatèrent de rire en se tapant dans la main.
« bien joué, franchement bien joué ! » éclata Gamin
« c’est un vieux truc… » dit Véronique
« oui mais le colis ? » insista Rachid.
« il est là ! Mais on a installé un système de miroir pour qu’ils ne le voient pas, j’avais préparé le dispositif avant de partir et on ne l’a déployé que lorsqu’on était à Paris à la Défense… » expliqua Véronique.
« C’est un vieux truc de magicien, des miroirs en biais qui refletent la cloison et cachent, ce qu’il y a derrière » précisa Le Nain.
« Si tu ne t’approches pas, c’est un décelable, la preuve ! » conclua Véronique.
Tous finirent par se détendre et ils reprirent leur parcours vers l’ouest.
Le téléphone de Balthazar sonna. Il décrocha.
On le vit sourire, on l’entendit répondre laconiquement des « oui , oui » en souriant…
« Qui est ce ? une fiancée » tenta véronique en maugréant
« Non, pas du tout… Je ne sais pas qui c’est mais je suis content… »
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